Vendredi 28 juillet 2006
Lu NOBLE CAUSES #13-18 (Image Comics)
NOBLE CAUSES est une petite série créée et portée -contre vents et marées- par Jay Faerber. Elle vaut pourtant assurément le détour et à fortiori, ces épisodes les plus récents. Si vous n'avez pas encore cliqué sur le lien un peu haut (qui mène à un article écrit par une plume digne d'Hemingway, vous en conviendrait ;-) !!), laissez moi vous rappeller en quelques mots le pitch de la série. Les Noble sont une famille de super-héros connue et reconnue de tous. Ces membres sont devenus de véritables célébrités, dont tous les faits et gestes sont scrutés par les médias, du sauvetage le plus héroique au potin le plus insignifiant. Les Fantastic Four revus à la sauce Kennedy en quelque sorte. Dans les épisodes précédents, Faerber avait plus ou moins fait le tour des secrets internes de la famille: de Frost le fils caché et l'identité de son père jusqu'à la grossesse à scandales de Zephyr. Avec le numéro 13, le scénariste démarre une nouvelle période de la série qui s'avére et de loin, la plus excitante de toute l'histoire du titre. On y découvre en effet la famille Blackthorne, pendant maléfique de la famille Noble. Mais si la rivalité entre les deux patriarche est bien établie (avec une mort injuste entre les deux), il n'en est pas de même avec la génération suivante qui tisse des liens troubles entre eux. L'occasion pour Faerber de tisser un nouvel entrelacement de secrets, de complots et de coup bas entre les personnages. Dans l'article un peu plus haut, l'auteur (décidément très visionnaire, je sais pas qui c'est, mais il mérite un prix Pulitzer, au bas mot !) se plaignait du nombre trop réduit de personnages. Avec les Blackthorne, Faerber double quasiment son casting, multipliant ainsi les possibilités d'intrigues et de retournement. A l'heure où les grands éditeurs ne pensent plus qu'en terme de sagas autonomes de six épisodes pour pouvoir en faire des recueils, Faerber fait le pari du feuilleton au long cours, du "à suivre" perpétuel, comme à la grande époque de Stan Lee sur AMAZING SPIDER-MAN. Pari osé, mais méritoire. Et qui mériterait aussi un peu mieux que le professionnel, mais peu interessant travail de l'illustrateur Fran Bueno.