-D'abord, le plus important: les bouquins...->
Eh ben, mes aïeux, avec tout ça on n'est pas en avance !! Il est temps de repartir du bon pied et pour commencer, on va parler littérature. J'ai fini LES RACINES DU MAL de Maurice G. Dantec. Son deuxième bouquin après LA SIRENE ROUGE. Toujours un polar mais qui se matine cette fois de SF avec l'utilisation d'une intelligence artificielle expérimentale pour traquer un groupe de tueurs en série. Mais avant cela, on aura eu droit à une première partie assez démente qui nous entraine dans la tête d'Andréas Schaltzman, tueur en série psychopathe, persuadé que le monde est controlé par des extraterrestres nazis. Ce voyage dans l'esprit dérangé de cet homme est glauque à souhait, particuliérement dérangeant mais passionnant et virtuose. Passée cette première partie, on retrouve un point de vue un peu plus cartésien en la personne d'Arthur "Dark" Darquandier, cogniticien qui s'échine à construire les Intelligences Artificielles les plus performantes et qui va tenter de dupliquer le mode de pensée de Schaltzman, ce qui va l'amener à faire une découverte surprenante (comme toute découverte, vous me direz). Une partie des crimes imputés à Schaltzman ne seraient pas de son fait. Mais la théorie a dû mal à passer auprès de l'intelligentsia judiciaire qui envoie bouler le pauvre Darquandier. Celui-çi, dépité, quitte la France pour intégrer une équipe de recherches universitaire. Jusqu'içi, tout va bien. Le livre est particuliérement agréable. Dantec brasse des idées intéressantes sur l'être humain, le mal et sur l'Intelligence Artificielle. Ensuite, ca se gâte un peu. Dark revient en France avec sa fameuse IA expérimentale et décide de reprendre l'enquête sur les meurtres, aidés en cela par une ancienne collégue, un journaliste et un ancien flic un peu dérangé et adepte des énigmes tarabiscotés, le tout sur fond d'an 2000 proche (le livre a été écrit au milieu des années 90). Et c'est d'abord ça qui choque. Alors oui, je sais, Dantec ne pouvait pas prévoir le futur, mais à quatre ou cinq années près, était-il obligé d'avoir donner une telle avance technologique à la société ? Surtout que lu en 2005, le livre perd encore plus de sa crédibilité. Et de la crédibilité, il en perd encore un plus à mesure que la fin approche et que l'auteur cherche à choquer le bon peuple en surajoutant exactions sur exactions commises par sa secte de tueur. Sauf qu'il dévoile peu, nous la joue "je laisse votre imagination faire le boulot". Problème: après la première partie très trash, cette écriture petit bras tend à ne pas rendre si menaçant que ça cette secte de tueur, qui au final ne se révelera qu'un ramassis de connard aux préocupations triviales. Eva Kristiansen avait autrement plus de carrure dans LA SIRENE ROUGE. Et on passera le final grandiloquent (un bug de l'an 2000 causé par l'IA expérimental) dont on se demande ce qu'il fout là.
Lu aussi le "Que sais-je" de Jean Gattégno sur LA SCIENCE-FICTION. Des trucs assez sympa notamment sur les différences entre les grands fondateurs: Jules Verne et H.G Wells. Le premier étant un scientifique pur jus qui brodé des histoires autour des avancées technologiques qu'il prévoyait, l'autre étant plus un humaniste qui réfléchissait plus à la société et à l'humain et qui surtout, laissé une vraie place à l'imagination débridé. D'ailleurs, Verne s'exclamera à propos de Wells: "Mais il invente ! ". Pas étonnant donc qu'on se paluche tant sur Verne en France, pays cartésien (en plus d'être cocardier) s'il en est. En tout cas, Gatégno trace ainsi des lignes de force qui sont valables jusqu'a aujourd'hui entre la SF Hard Science (à la Carl Sagan par exemple) et la SF qui tape dans le mythologique et le grandiloquent. La première ayant malheureusement tendance a être beaucoup plus vité daté (le rapport au temps de la SF est d'ailleurs un des chapitres les plus intéressant de ce bouquin).
Lu aussi LE CIMETIERE DES ELEPHANTS, publié chez Encrage. Il s'agit d'un recueil d'articles de Francis Lacassin, critique qui fit beaucoup pour promouvoir la BD, la SF, le Fantastique et tout ce pan de la littérature populaire. Grand fan de Tarzan de Jack London, il fit notamment parti des Ciné-clubs et il fut aussi à l'origine de la création du premier Club de la Bande Dessinée. Suite à un article de Pierre Strignati sur l'âge d'or de la SF dans la BD dans Fiction (qui revit actuellement chez Moutons Électriques), la rédaction de la revue recevit énormement de courrier pour la création d'un Club (comme il y avait celui du Roman Policier et celui de l'Anticipation à l'époque). Lacassin les débarrassa des centaines de lettres qui les encombraient et contacta une quinzaine de personnes. Le premier "Club des Bandes Dessinées" était créé en France avec notamment des gens comme Alain Resnais et Chris Marker. Ils publiérent même un magazine, le mythique Giff-Wiff (du nom de l'animal fabuleux rencontré dans The Katzenjammer Kids). Un véritable passionné donc à qui l'on doit parait-il la formule de Neuvième Art. C'est donc avec passion qu'au travers de ces articles, il nous guide sur les terres imaginaires sortis de l'imagination de Rice Burroughs, en compagnie des personnages hauts en couleurs imaginés par Gustave Le rouge. Et un mec qui peut parler avec la même fougue d'un obscur auteur de SF français comme Regis Messac et d'un Prix Nobel de littérature comme Sinclair Lewis est forcément quelqu'un de très bien !!