Extraordinaire ?
Enfin vu LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN de Stephen Norrington. Il s'agit de l'adaptation au cinoche de la bd d'Alan Moore et Kevin O'Neill qui voit se réunir Mina Harker, le Capitaine Nemo, Alan Quatermain, l'Homme Invisible et le Docteur Jekyll (forcément accompagné de son horrible double, Mister Hyde). Un exercice de style réjouissant et très érudit sur la littérature fantastique de cette époque. Dans l'adaptation ciné, on a rajouté deux nouveaux personnages: l'immortel Dorian Gray et l'agent secret Tom Sawyer. Pour bien apprécier ce film, il faut donc vraiment faire abstraction de l'oeuvre originale. Le scénariste James Robinson (mythique auteur de la série STARMAN chez DC comics) a choisi de raconter une autre histoire, totalement différente. Içi, pas de Quatermain explosé à l'opium, d'Homme Invisible violeur dans un orphelinat ou de Hyde complétement incontrôlable.Passés entre les mains des lessiveurs hollywoodiens, les personnages sont plutôt attachants et présentables. Quatermain se lie d'amitié avec le jeune Sawyer dans une relation père-fils assez téléphoné. Nemo n'est plus seul dans son Nautilus, mais emploie tout un équipage (ce qui est loin d'être idiot comme parti-pris). Quand à Dorian Gray, malgré sa
richesse thématique, il reste un traitre trop visible de par sa qualité de rajout inutile. Sans donc juger le film à l'aune de la BD (infiniment plus conseillable evidemment), que peut-on dire de ce film ? Qu'il a pour lui de bonnes idées comme le combat d'immortels entre Mina la vampire et Dorian l'immortel ou le face à face entre Hyde et un monstre encore plus effrayant que lui. Malheureusement, il a contre lui les reproches qu'on peut faire à toutes ces super-productions: trop d'effets spéciaux, un scénario mal ficelé, mais surtout un charcutage indigne sur la table de montage. On quitte ainsi Sawyer sous la menace d'un couteau sous la gorge avant de le retrouver quelques minutes plus tard, frais comme un gardon, sans qu'on sache comment il s'en est sorti. dommage aussi que les scénes de la réparation du Nautilus soient si courtes car c'est vraisemblablement là que se forme la cohésion de l'équipe. Sinon, comment expliquer le signe de fraternité que l'équipe partage juste avant l'assaut final ? Un film donc très inégal, à l'esthétique très travaillé, mais assez vide dans le fond.
