Grand écart
Lundi vu PHONE GAME de Joel Schumacher (le titre original, c'est PHONE BOOTH ! Bravo les traducteurs !!) et mardi vu LES SURVIVANTS de Patrick Rotman.
Le premier raconte l'histoire d'un type, un attaché de presse minable et égoiste, qui se retrouve coincé dans une cabine téléphonique, sous la menace d'un fusil à lunettes. Si il raccroche ou s'il désobeit aux ordres de son interlocuteur, il est mort. A lire ce résumé, on pourrait croire qu'il s'agit d'un huis-clos claustro qui fait monter l'adrénaline. Hélas, il n'en est rien. de vrai huis-clos, il y en a quoi ? Dix minutes à tout casser. Tout le reste, Colin Farrell est en perpétuelle interaction avec la rue (les prostitués, le mac, les flics, sa femme, les médias...). Le film se transforme donc en thriller à la réalisation assez plate. Il faut dire que la réalisation de Joel Schumacher, le "gentleman" à l'origine des deux derniers Batman, ces horreurs sans nom projetés à la face du monde sans la moindre once de honte. Bien sûr, de temps à autre, il essaie de faire son intéressant avec quelques cadres rigolo qui déforme l'image ou bien, il nous donne des plans où la caméra se déplace à l'intérieur de satellites de communication ou des circuits d'un portable. Autant de plans parfaitement inutile et qui coûte cher en SFX. Je serais producteur, j'aurais eu comme un doute si on m'avait proposé ça !! Si encore il n'y avait que ça, mais la résolution est d'un ridicule achevé. Il n'y a vraiment que le plaisir de reconnaître Kieffer Sutherland sous les traits du tueur qui donne un quelconque intérêt à cette fin. Ah, et il y aussi le joli minois de Katie Holmes dans ce film aussi, ce qui est bien. Colin Farrell se démerde bien également. sinon, à part ça, pas grand chose à sauver. Ah, au fait, il parait que Michael Bay (le clippeur parkinsonnien de ROCK, ARMAGGEDDON, BAD BOYS I & II) devait réaliser ce film à l'origine !! J'en ris encore !!
Et maintenant, un grand saut thématique, avec le deuxième film, le doc sur les survivants des camps de concentration et d'extermination. Mais là, je reste un peu sans mots. Comment parler des images qu'on y voit ? Comment commenter les paroles qu'on y entend ? Les corps cadavériques qu'on porte d'une main sur l'épaule, les fosses qu'on remplit aux bulldozers, les récits de la vie des camps -sans fards, on y parle des vols, des luttes d'influences, d'une survie animale-, des voyages inhumains à pieds ou en train et l'émotion des retours, mais aussi l'amertume de ces retours, face à un monde qui ne pense qu'a oublier ou qui accuse plus les victimes que les bourreaux, comme ce juif en papillotes qui reproche à un survivant de revenir sans Dieu des camps. Mais effectivement comment croire qu'une puissance supérieure est pu laisser faire ça ?