Dans le carquois

Le carnet de bord (Artistique, Recensioniste et Citoyen) de l'Archer Vert AKA Alain Roussel

29 février 2008

THE ATHEIST #1-4 (Image Comics/Desperado Publishing)

The_Atheist_01_covThe_Atheist_01_p01


 

 




« -My dear, I don't believe in anything. I know or I do not know. Belief is worthless.
If your god falls out of heaven tomorrow i'll walk up, shake his hand, tug his beard, ask him who shot JFK, and then I'll know god. Until then he does not exist.
-So what you doing then ?
-Something dangerous.Thinking. »(1)

(The Atheist #3)

 

 

The_Atheist_01_p02The_Atheist_01_p03

Dans un pays où la religion est un principe constitutif de la nation, voir un comic-book s'intituler THE ATHEIST se révèle être une petite surprise. Serait-ce un brûlot contestataire sur la religion ? Une attaque en règle des bonimenteurs de la foi ? Non, car, Phil Hester (2), le scénariste de la mini-série, se fend d'un édito dès le premier épisode pour nous expliquer que THE ATHEIST s'appelle ainsi parce que c'est plus cool que The Logician ou The Skeptic. Et s'excuse d'avance d'offenser les athées !  Le Politiquement Correct frappe encore.

The_Atheist_01_p04The_Atheist_01_p05

Ce premier épisode nous présente Antoine Sharpe, un intervenant spécial du gouvernement américain, spécialisé dans les affaires étranges touchant à la sécurité nationale. Sharpe n'est pas un militant de l'athéisme, c'est un logicien. Il observe, expérimente et conclue. Sceptique de nature,  comme St Thomas D'Aquin, il ne croit que ce qu'il voit. Moins qu'un athée, Sharpe est plutôt un agnostique qui considère l'existence de dieu comme indécidable, faute de preuves. Il est aussi un adepte du Rasoir d'Occam, cet outil intellectuel qui veut que la solution la plus simple soit toujours la meilleure. Sharp n'est il d'ailleurs pas le mot anglais pour aiguiser ? Véritable scalpel intellectuel, Antoine Sharpe traque la vérité derrière de soi-disant phénomènes paranormaux. C'est aussi un être cynique pour qui la fin justifie les moyens. Sa première apparition nous le montre d'ailleurs en train de pousser le gourou d'une secte à se suicider avant de montrer sa tête décapitée à ses disciples pour les empêcher de massacrer les élèves d'une école.

The_Atheist_01_p11The_Atheist_02_cov

Pour autant, dans cette mini-série en quatre épisodes, il va être confronté à une menace paranormale tout ce qu'il y a de plus réel. Des morts se réincarnent dans les corps d'adolescents. Tous convergent vers la ville de Winnipeg où ils épuisent leurs nouveaux corps dans des fêtes sans fin, célébrant leur retour à la vie. D'abord réticent, il doit pourtant bien admettre la véracité de cette menace. Sa rencontre avec la réincarnation de Benjamin Franklin provoque d'ailleurs la mort du père de Sharpe. L'impossible enfin admis, il va devoir mettre en place une stratégie qui nécessitera un grand sacrifice et un choix moral difficile.

The_Atheist_03_covThe_Atheist_04_cov

Personnage atypique que ce Antoine Sharpe dont l'intelligence et la froideur tranchent avec le tout-venant des héros américains. Il y a un peu du Tao d'Alan Moore dans cette figure. Une scène du numéro 4 évoque d'ailleurs beaucoup WILDC.A.T.S #21 et le numéro griffonné sur un bout de papier.  Sharpe évoque aussi le personnage de Monk de la série télé avec ce corollaire, l'intelligence supérieure se paient. Tout comme Monk est handicapé par ses tocs, Sharpe se révèle être un semi-autiste, incapable de conduire, ne tolérant que des vêtements blanc ou jaune, lisant avec difficulté.

The_Atheist_TP_cov

Tout comme son personnage, le parcours de la mini-série fut inhabituel. Publié par le label Desperado chez l'éditeur Image, la série devait à l'origine être une série illimitée. Mais le retard s'accumulera assez vite. Il faudra presque un an pour publier les 3 premiers numéros, illustrés par John McCrea dans un superbe noir & blanc. Quand au quatrième épisode, c'est un an et demi plus tard qu'il atteindra les stands. Entre temps, le label Desperado est devenu un éditeur à part entière et McCrea a quitté le navire, laissant la place à un jeune artiste, Will Volley (3), au style différent, lorgnant du coté de John Buscema et de David Lapham. La sortie de ce numéro 4 permettra également de conclure l'histoire courte qui courrait depuis le #2, The Inn Between de Mike Raicht et Dalibor Talajic (4). Après la réédition en trade paperback, une nouvelle série est annoncée chez Desperado, toujours par Hester et Volley. Mais cette fois, elle sera simplement titrée ANTOINE SHARPE. Au pays du God bless America, afficher THE ATHEIST sur une couverture semble toujours poser problème !

 

(1) « -Ma chère, je ne crois en rien. Je sais ou je ne sais pas. Croire est sans valeur. Si votre dieu tombait du ciel demain, j'irai le trouver, lui serrerai la main, tirerai sa barbe, lui demanderai qui a tué JFK et alors je connaîtrai dieu. D'ici là, il n'existe pas.
-Que faites vous alors ?
-Quelque chose de dangereux. Je réfléchis. »

(2)Principalement connu comme dessinateur (SWAMP THING, GREEN ARROW), Hester est un scénariste occasionnel. Il a notamment écrit THE COFFIN chez Oni Press (SARCOPHAGE en VF chez Semic).

(3)Qui prépare également une adaptation en BD de la pièce de Shakespeare, ROMEO ET JULIETTE pour Classical Comics.

(4)Un duo qui a signé depuis la série DEADWORLD chez Desperado.

 

 

Posté par archer vert à 20:45 - Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2007

Iron Man: Extremis

Lorsqu'en 2005, Marvel décide de relancer au numéro 1 plusieurs de ces titres liés aux Vengeurs, elle confie la série IRON MAN au scénariste Warren Ellis et à l'illustrateur Adi Granov. Ellis est une star et Granov a bluffé son monde avec ses couvertures peintes numériquement sur le volume précédent de la série. Sur le papier, ce n'est donc pas loin de ressembler à une dream team, mais la réalité va être un vrai cauchemar pour Marvel. Car si Granov fournit de superbes pages, il les fournit au compte goutte. Pour terminer la saga Extremis que forment ces six premiers numéros, il faudra quasiment un an et demi.

Iron_Man_v4__001 im_02_00

Un parcours chaotique

Un an et demi donc, mais pour quel résultat ! Panini ne s'y trompe pas en proposant cette saga dans un luxueux volume cartonné. Les planches sont tout bonnement magnifiques et la colorisation par ordinateur convient parfaitement à l'ambiance métallique de la série. De plus, l'artiste a la bonne idée de ne pas tomber dans le piège de l'illustration figée. Les scènes de combat ne sont pas statiques et malgré le réalisme, les personnages n'étouffent pas sous les décors. On sent là un Granov particulièrement influencé par l'école METAL HURLANT. La surprise est heureuse car mise à part ces couvertures et une courte série confidentielle chez Dreamwave, il n'avait jamais vraiment fait parler de lui en matière de BD, puisqu'auparavant, il était essentiellement designer de jeux vidéos. Mais la qualité se paie. Déjà handicapé par un lancement trop rapide afin de coïncider avec les autres relancements de séries associées, la série va prendre un retard considérable. Conciliant, Granov va même proposer de confier à quelqu'un d'autre la mise en couleurs de ces planches. Mais Marvel refuse. La maison d'édition préfère joué sur l'unité graphique en ayant déjà l'oeil sur le futur recueil de librairie. Il faut dire que cela fait maintenant un moment que la firme privilégie la fabrication des Trades Paperbacks à celui des fascicules mensuels. Cela se traduit également par une dilution des intrigues. Ce qui aurait auparavant pu être raconté en deux-ou trois numéros doit l'être maintenant en 6 ou 8 pour pouvoir en faire des bouquins bien épais.

Iron_Man_03 im_04_001

Ellis en mode Ellis

C'est malheureusement ce qui arrive ici. L'histoire tourne autour d'une technologie électronique qui a pour nom Extremis. Injecté dans le corps humain, cette technologie modifie l'individu pour en faire un sur-homme. Mais Extremis est volé pour le compte d'une milice d'extrême-droite. Maya Hansen, une des créatrices d'Extremis, fait alors appel à son vieil ami Tony Stark pour l'aider. Iron Man devra bientôt affronter le dangereux Mallen. Celui-ci a expérimenté le sérum et est devenu un être surpuissant au point que l'armure du Vengeur Doré ne s'avérera pas suffisante. Résumé comme ça, pas de quoi en faire 6 fois 22 pages. Qui plus est, il y a comme un arrière-goût de déjà-vu. Des terroristes racistes, des manipulations biologiques, on est dans l'univers bien balisé de Warren Ellis. Dans des oeuvres comme STORMWATCH, EXCALIBUR ou DV8, il a déjà abordé ces thèmes maintes et maintes fois. Pourtant, Ellis parvient à s'en tirer avec les honneurs. D'abord parce que le personnage de Tony Stark semble l'inspirer. Le scénariste le présente comme un scientifique qui veut changer le monde, le rendre meilleur par le biais de la technologie. Pour autant, il a dû mal à gérer ce qu'il a du faire pour se donner les moyens de son rêve. En effet, avant d'être cet industriel richissime, Stark a du travailler pour l'armée américaine et concevoir des armes, dont des mines qui continuent de blesser. Ce conflit est posé dès le premier numéro dans une scène où il est interviewé par un pseudo-Michael Moore. Tout au long de l'arc va se greffer de fréquentes réflexions et interrogations sur la science et ce qui peut en être fait. Stark va même jusqu'à se demander si au fond l'armure d'Iron Man n'est pas qu'une arme comme une autre et s'il ne s'est pas trompé de voie.

im_05_001 im_06_001

Du nouveau sous le soleil

On le voit, Warren Ellis a opté pour une vision très réaliste. Il faut dire que le scénariste est passionné par tout ce qui touche à la science et à la technologie. Il multiplie les références avec le monde réel, la technologie présentée est crédible, on est très loin du techno-délire des versions précédentes où l'armure d'Iron Man tenait toute entière dans une mallette. Ellis s'en amuse d'ailleurs au détour d'un dialogue. Dans son entreprise de modernisation, il en vient même à revoir les origines du héros. Ce n'est plus en Asie que le jeune Stark se prend un shrapnel en pleine poitrine, mais dans l'Afghanistan des Talibans. De même, les combats sont dépeints de manière très crédible. A ce titre, la baston sur l'autoroute est très impressionnante. Après la mini-série L'INEVITABLE parue le mois dernier en kiosque, le retour sur le sol français du Vengeur Doré se fait donc sur les meilleurs auspices. Bien que développant chacune des thématiques et des des approches différentes, ces histoires sont particulièrement agréable. On déplorera donc la maladresse de l'éditeur français qui a publié L'INEVITABLE un mois avant EXTREMIS, spoilant ainsi le dénouement final. Dénouement qui promet des développements futurs des plus intéressant.

Iron Man vol.IV# 1-6 (Warren Ellis/Adi Granov) in  IRON MAN: EXTREMIS,  coll. Marvel Graphic Novel, Panini Comics, trad: Khaled Tadil,144 pages, 18,50 €.

Posté par archer vert à 12:02 - Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 novembre 2006

Igor Kordey

(Nouvelle chronique pour Aleph sur le dessinateur croate Igor Kordey)

Kordey

Né en 1957 à Zagreb en Yougoslavie, Igor Kordey est un artiste, dans le plein sens du terme. Dessinateur, encreur, coloriste, Kordey sait tout faire avec un égal talent. Il est aussi l'un des rares à avoir pu exercer son art des deux cotés de l'Atlantique, travaillant aussi bien sur des comic-books de super-héros que sur des albums cartonnés à l'européenne. Son passage en dédicace à La Cour des Miracles à Caen ce samedi 11 novembre est pour nous l'occasion de parler d'un dessinateur talentueux qui n'a pas toujours eu la reconnaissance qu'il mérite.

SagaVam01  CinqSaisonsAutomne
LA SAGA DE VAM et CINQ SAISONS: AUTOMNE: les premières incursions françaises...

Home, sweet home

Ces premières armes, il les fait bien sûr dans son pays natal, la Yougoslavie. Son premier travail publié est une histoire d'une page dans un magazine pour jeunes en 1977. C'est à cette époque qu'est créé New Frame, un groupe d'artistes-agitateurs surfant sur les mouvements punks et New Wave de l'époque qui aura une influence importante sur la scène artistique du pays. Kordey en fait bien sûr parti, tout en essayant de faire carrière dans la musique à travers un groupe de rock. 1979 verra la rupture du groupe et de New Frame. Si Kordey refit une tentative pour remonter un groupe, elle fut interrompu par la guerre à l'orée des années 90. Entre temps, le jeune yougoslave n'avait pas chomé sur le plan graphique. Si, bien sûr, l'essentiel de son travail était destiné au marché intérieur, on le connut assez tôt en France par l'intermédiaire d'une série en 3 tomes parue chez les Humanoïdes Associés, LA SAGA DE VAM [01]. En 1990, il publia un autre album, chez Dargaud, intitulé LES CINQ SAISONS: AUTOMNE [03]. Cet album était écrit par son compatriote Nenad Mikalacki-Django avec qui il avait également réussi à placer une courte histoire dans le magazine HEAVY METAL [2] qui constitue sa première incursion sur le marché américain. La guerre qui brisa la Yougoslavie coupa cet élan en 1991. Pour autant, le conflit ne l'empêcha pas de rester actif. Il créa en 1993 le studio INCIDENT, qui se voulait une plate-forme multimédia mêlant tous les arts graphiques. Si la fin de la guerre en 1995 apporta une paix bien fragile, elle vit aussi l'arrêt d'INCIDENT. Saluons malgré tout l'exploit d'avoir fait vivre une telle structure pendant 3 années de guerre.

kordey_t10 kordey_t16
Une rencontre mythique (BATMAN/TARZAN), un space opera grandeur nature (STAR TREK-TNG: GORN CRISIS)... L'étendue de la palette de Kordey.

Sur les traces de Tarzan

Dans un pays à l'économie exsangue, l'avenir était bien sombre pour un artiste comme Kordey. Suite à une invitation, il part s'installer au Canada et commence à travailler pour des compagnies américaines, principalement pour Dark Horse. Il y retrouve des compatriotes, le scénariste Darko Macan et le dessinateur Edvin Biukovic qui avaient déjà ouverts la voie en signant des aventures de Grendel. Avec Macan, Kordey signe un album de Tarzan, A TALE OF MUGAMBI [04]. Pour l'artiste, il ne peut n'y avoir de meilleur job puisque Tarzan est depuis toujours son personnage préféré. Il signera d'ailleurs trois mini-série consacré au Seigneur de la Jungle dont un cross-over BATMAN/TARZAN [12] et une autre qui voit la rencontre entre Tarzan et une autre création d'Edgar Rice Burroughs, Carson of Venus [10]. Il sera également présent sur d'autres licences célèbres de l'éditeur puisqu'il illustrera des histoires prenant place dans les univers de STAR WARS [08, 11, 14], d'ALIENS [07] et PREDATOR [06]. En parallèle, il fait des incursions chez Marvel. Il y profite de la mode des comic-books peints qui suit le succés du MARVELS d'Alex Ross. Il produit ainsi deux mini-séries en format Prestige, WONDER YEARS [05] et CONSPIRACY [09], tous deux scénarisés par le duo Abnett/Lanning. Ces incursions resteront ponctuelles jusqu'en 2001 où on lui confie les destinées graphiques de la série CABLE [16]. Comme tous les titres mutants de l'époque, la série subit un lifting radical. Elle devient plus dure, plus réaliste puisqu'elle emmène le soldat du futur au coeur des guérillas sud-américaines. Le trait très sombre et agressif de Kordey se prête très bien à ce renouveau. Mais plus qu'une adéquation esthétique, les éditeurs de Marvel découvrent surtout un dessinateur très rapide qui abat ses épisodes en avance. Cette particularité va le rendre très populaire dans les rédactions. Il signe ainsi des histoires courtes pour CAPTAIN AMERICA [19] et pour l'album commémoratif du 11 septembre 2001 [18]. Devenant indispensable, Kordey signe un contrat d'exclusivité avec la firme de Spider-Man.

soldier_x_3  XXM025015
Entre son travail sur SOLDIER X (à gauche) et celui sur X-TREME X-MEN (à droite), la frilosite de Marvel...

Ressources humaines

Très vite, Kordey se retrouve à remplacer Frank Quitely sur la série NEW X-MEN [17]. Quitely est si lent qu'il va illustrer plus d'épisodes que l'artiste dit régulier de la série. Mais entre CABLE, NEW X-MEN, une mini-série BLACK WIDOW [20] et un album franco-belge pour le scénariste Alexandro Jodorowski [22], la qualité se dégrade assez rapidement. Et de son propre aveu, c'est NEW X-MEN, série qui l'intéresse peu qui en souffre le plus. Problème, NEW X-MEN est aussi celle qui se vend le mieux. Et l'artiste devient rapidement la cible des fans qui utilise notamment Internet pour lancer une véritable campagne de dénigrement. Pourtant, dans le même temps, il livre de superbes planches pour la série qui a remplacé CABLE, SOLDIER X [21], mais le mal est déjà fait. Kordey et son compère Darko Macan sont débarqués au numéro 8. Pour autant, Marvel ne souhaite pas se débarrasser d'un employé aussi rapide. Il se voit alors attribuer la série X-TREME X-MEN [23], mais pour contenter les fans, on lui impose une encreur qui à la charge d'adoucir son trait. Lorsque la série s'arrête pour laisser place à un énième relancement des séries mutantes, on lui propose de lancer un nouveau titre avec Chris Claremont, EXCALIBUR. Mais un revirement total va s'opérer. Marvel souhaite faire revenir les mutants dans les costumes colorés qu'ils avaient abandonnés quelques années auparavant pour s'accorder aux films. Pour les dirigeants de Marvel, le style noir de Kordey ne saurait accompagner ce retour à des aventures plus lumineuses. Alors qu'il vient de terminer un épisode et demi, l'artiste apprend sur le Net qu'il est viré. L'affaire causera un mini-scandale sur la façon très cavalière dont Marvel géra ce départ et qui poussera Kordey à des sorties très virulentes sur Marvel et l'industrie de comics en général.

smoke01couvv  hs1c
SMOKE, le dernier travail de Kordey aux States et L'HISTOIRE SECRETE, le début de sa collaboration avec Delcourt

Home, Sweet home (bis)

Dégouté, notre homme a regagné la Vieille Europe et il a pu trouver un refuge artistique en France chez l'éditeur Delcourt. Sur des scénarios de Jean-Pierre Pécau, il a dessiné quatre albums de la série L'HISTOIRE SECRETE [24. 26] et à lancer EMPIRE [27], dont le premier tome est sorti cette année. Delcourt a également publié son dernier travail pour le marché américain, l'excellente mini-série SMOKE [25] qui fut publié par un petit éditeur indépendant IDW. Après ses pérégrinations houleuses chez l'Oncle Sam, Igor Kordey commence à trouver le respect et la reconnaissance qui est dû à cet artiste doué, et c'en est que tant mieux !!

Bibliographie

1988
01 LA SAGA DE VAM tome 1-3 avec Vladimir Colin (1988-89, Les Humanoïdes Associés).

1989
02 The Wall in HEAVY METAL V13 #5 avec Nenad Mikalacki-Django (Nov.1989) – Inédit en VF.

1990
03 LES CINQ SAISONS: AUTOMNE avec Nenad Mickalacki-Django (1990, Dargaud).

1995
04 EDGAR RICE BURROUGHS' TARZAN: A TALE OF MUGAMBI avec Darko Macan (Juin 1995, Dark Horse) – Inédit en VF.
05 WONDER YEARS #1-2 avec Abnett & Lanning (Juil.-Août 1995, Marvel Comics) – Inédit en VF.

1996
06 Predator 1718 in A DECADE OF DARK HORSE #1 avec Henry Gilroy (Juil. 1996, Dark Horse) – Inédit en VF.

1997
07 ALIENS: HAVOC #1 avec Mark Schultz (Juin 1997, Dark Horse) – Inédit en VF.
08 STAR WARS: DROIDS - THE PROTOCOL OFFENSIVE avec Daley, Daniels & Wyndham (Sep. 1997, Dark Horse) – Inédit en VF.

1998
09 CONSPIRACY #1-2 avec Abnett & Lanning (Fév.-Mar 1998, Marvel Comics) – Inédit en VF.
10 EDGAR RICE BURROUGHS' TARZAN/CARSON OF VENUS #1-4 avec Darko Macan (Mai-Aout 1998, Dark Horse) – Inédit en VF.

1999
11 Mara Jade: A Night on the Town in STAR WARS TALES #1 avec Timothy Zahn (Sep. 1999, Dark Horse) – Inédit en VF.
12 BATMAN/TARZAN: CLAWS OF THE CATWOMAN #1-4 avec Ron Marz (Sep.-Déc.1999, Dark Horse/DC Comics) traduit dans BATMAN/TARZAN: LES GRIFFES DE CAT-WOMAN (4 fascicule dans un coffret, 2004, Wetta WorlWide).
13 EDGAR RICE BURROUGHS' TARZAN: THE RIVERS OF BLOOD #1-4 avec Anticevic et Kure (Nov.1999-Fév. 2000, Dark Horse) – Inédit en VF.

2000
14 Chapter 2: Attichitcuk in STAR WARS: CHEWBACCA #1 avec Darko Macan (Jan.2000, Dark Horse) – Inédit en VF.
15 STAR TREK-THE NEXT GENERATION: GORN CRISIS avec Anderson & Moesta (2000, DC Comics/Wildstorm) – Inédit en VF.

2001
16 CABLE #97-105, 107 avec Tischman (#97-104) & Macan (105-107) (Nov. 2001-Sep.2002, Marvel Comics) traduit dans X-MEN #70-79 (Nov.02-Aoû.03, Panini).
17 NEW X-MEN #119-120, 124-125, 128-130 avec Grant Morrison (Déc. 2001-Oct.2002, Marvel Comics) traduits dans X-MEN #69, 73, 74, 76-78 (Oct.02-Juil.03, Panini) réédités dans X-MEN t.1&2 (2005-06, coll. Marvel Deluxe, Panini).

2002
18 Sick Day in MOMENT OF SILENCE #1 avec Joe Quesada (Fév. 2002, Marvel Comics) – Inédit en VF.
19 Relics in CAPTAIN AMERICA VOL.3 #50 avec Brian David-Marshall (Fév.2002, Marvel Comics) – Inédit en VF.
20
BLACK WIDOW: PALE LITTLE SPIDER #1-3 avec Greg Rucka (Juin-Aout 2002, Marvel Comics) traduits dans VEUVE NOIRE (2003, coll. Max, Panini).
21 SOLDIER X #1-8 avec Darko Macan(Sep.2002-Avr.2003, Marvel Comics) traduits dans X-MEN #81-90 (Oct.03-Juil.04, Panini).
22 DIOSAMANTE t.2 avec Alexandro Jodorowski (2002, Les Humanoïdes Associés).

2003
23 X-TREME X-MEN #25-46 avec Chris Claremont (Juil.2003-Jui.2004, Marvel Comics) traduits dans X-TREME X-MEN #24-35 (Jui.04-Mai 05, Panini).

2005
24
L'HISTOIRE SECRÈTE tome 1-2 avec Jean-Pierre Pécau (2005, Delcourt).
25
SMOKE #1-3 avec Alex DeCampi (Juin 2005, IDW Publishing) traduit dans SMOKE t.1 (2006, Delcourt).

2006
26 L'HISTOIRE SECRÈTE tome 6-7 avec Jean-Pierre Pécau (2005, Delcourt).
27 EMPIRE tome 1 avec Jean-Pierre Pécau (2006, Delcourt

).

Posté par archer vert à 12:06 - Articles - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 novembre 2006

Iron Man: L'Inevitable

(Une chronique pour Aleph sur la mini-série IRON MAN: THE INEVITABLE, écrite un peu à la va-comme-je-te-pousse ! D'ailleurs, merçi à Stéphane de m'avoir fait remarquer que je n'avais pas résumé l'histoire !! C'est réparer pour cette version écrite. Comme d'habitude, si vous cliquez sur les images, elles s'agrandissent.)

Iron_Man_The_Inevitable_01  iron_man_the_inevitable_20051128033042850_000

Bien qu'il soit l'un des piliers de l'univers Marvel, Iron Man n'est pas à l'abri des déconvenues. En témoigne la nouvelle série régulière lancée il y a plus d'un an. Celle-çi a accumulée les retards de parution, dûs à la lenteur de l'illustrateur Adi Granov. Pour pallier cette absence du héros en armure dans les bacs des magasins, Marvel commanda en express une série limitée au scénariste Joe Casey, fan déclaré du personnage. Le résultat est une mini-série en 6 numéros paru en octobre 2006 en France, IRON MAN: THE INEVITABLE (1).

iron_man_the_inevitable_20051128033040287_000 iron_man_the_inevitable_20051128033041006_000

L'Age d'Or du Vengeur Doré

On l'a dit, Casey est un fan ardent du personnage. Il a même déjà eu l'occasion d'écrire le personnage pour une autre mini-série sur les débuts des Vengeurs (2). Mais il est une période que Casey, comme nombre de lecteurs, place au-dessus de tout dans la vie de Tony Stark. Durant les années 80, en effet, le scénariste David Michelinie signa de très nombreux épisodes de grande qualité qui furent illustrés par de jeunes dessinateurs comme John Romita Jr, Mark Bright ou Jackson Guice (3). Ces artistes furent épaulés par l'encreur Bob Layton dont le style très présent créa une véritable unité graphique. Sous sa plume, les dessins étaient d'une rare clarté et l'armure d'Iron Man brillait de milles feux. Layton poussa même l'investissement jusqu'à collaborer à l'élaboration des intrigues. Le Iron Man de Michelinie et Layton, c'est une série de super-héros classique, lumineuse, sexy en diable, où tout y est beau et coloré. C'est cette époque que tente de faire revivre Casey à travers le retour de vilains emblématiques de la période. C'est ainsi qu'on retrouve le Fantôme et le Laser Vivant, et qu'un nouveau Spymaster fait son apparition.

390px_Iron_Man_239 Le Fantôme lors de sa première apparition sous l'ère Michelinie/Guice

Le retour des vilains

Si ce Spymaster est nouveau, sa façon de penser reste très ancrée dans celle de ces prédécesseurs et il prend très au sérieux son rôle de vilain attitré. Pour lui, il y a une certaine noblesse dans la confrontation avec un héros tel que Iron Man et il va s'employer à être digne  successeur. Il veut pour cela récupérer une arme surpuissante qui à la particularité de contenir l'énergie du Laser Vivant. Cette arme, c'est l'industriel Tony Stark (alias, bien sûr, Iron Man) qui la détient. Stark a d'ailleurs engagé Maggie Dillon, une psychiatre spécialisée en criminologie, pour tenter de liberer l'esprit du Laser et le réveiller. Ce sera pour Dillon l'occasion d'une plongée dans un subconscient étonnant et dangereux, tandis qu'Iron Man devra faire face à la menace conjuguée du Spymaster et du Fantôme.

IM_Inevit_2 IMINEV003COV

Nostalgie moderne

Pour autant, Casey évite le trip de l'hommage servile. D'abord parce que son Tony Stark est à des kilomètres de celui de Michelinie. Moins hautain, moins arrogant, le millionnaire est décrit comme avant tout un scientifique qui cherche à faire avancer la technologie et l'humanité. Ce Stark-là est parfaitement ancré en ce début de 21ème siècle et se projette uniquement dans le futur. On retrouve là le Casey d'UNCANNY X-MEN (4) qui s'interrogeait sur les conséquences de la mutation génétique. Une vision proche de celle que Warren Ellis développe dans la série régulière, à une différence près. Pour Casey, être moderne se n'est pas pour autant se couper de son passé. Stark va l'apprendre à ses dépens en se retrouvant face à ses anciens ennemis. Alors que les épisodes d'Ellis semble se couper de la continuité du personnage, L'INÉVITABLE y est pleinement rattaché et s'interroge sur comment un homme peut accepter son passé.

03_22_06_10 IMINEV006COV

Art moderne

La partie graphique est assurée par le dessinateur anglais Frazer Irving qui s'est notamment distingué dans le magazine anglais 2000 AD et sur la mini-série KLARION pour DC comics. C'est Casey lui-même qui a appelé Irving pour illustrer son scénario. Un choix déroutant. Irving est un artiste talentueux et polyvalent qui signe même les couleurs de la bande. Mais son style très sombre et épuré ne correspond pas à l'ambiance rutilante auquel se réfère Casey. Même s'il a beau citer des cases de l'époque, Irving est trop loin de l'éclat que donnait Layton à la série. Sous sa plume, le graphisme fait bien trop moderne. Pour autant, les nouveaux designs des vilains sont très réussis et son Iron Man a un petit coté mécanique très plaisant. Malgré ce léger bémol, on ne peut que conseiller la lecture de cette mini-série à la facture classique. Les bonnes histoires consacrées au vengeur à l'armure sont suffisamment rares de nos jours pour pouvoir apprécier celle-ci.

1-   IRON MAN: THE INEVITABLE #1-6  de Joe Casey et Frazer Irving (Fév.-Juil. 2006, Marvel Comics) traduits dans MARVEL MEGA 29 (Oct. 2006, Panini)

2- AVENGERS: EARTH'S MIGHTIEST HEROES #1-8 avec Scott Kolins (Jan.-Avr. 2005, Marvel Comics) traduits dans LES VENGEURS t.1 & 2 (2005-06, coll. 100% Marvel, Panini)

3- IRON MAN vI #116-157 (Nov.1978-Avr.1982, Marvel Comics) traduits dans STRANGE #118-161 (OCt. 1979-Mai 1983, Lug).
IRON MAN vI  #215-250 (Fév. 1987-Déc. 1989, Marvel Comics) traduits dans STRANGE #220-250 (Avr.1988-Mai 1991, Lug/Semic)

4- UNCANNY X-MEN #394-409 avec Churchill, Wood, Phillips (Juil.2001-Sep.2002, Marvel Comics) traduits dans X-MEN #65-77 (Jui. 2002-Jui. 2003, Panini)

Posté par archer vert à 21:26 - Articles - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2006

OUTSIDERS #28-33

outsiders028

Après le cross-over avec TEEN TITANS qui a coûté la vie à Indigo (#24-25) et un  arc de remplacement centré sur les Outsiders d'origines (# 26-27), on retrouve l'équipe au 36éme dessous. Nightwing a décidé de la quitter, lassé de voir des gens auquel il s'attache mourir. Et même le réconfort apporté par Starfire ne le fait pas changé d'avis. Shift, quand à lui, se confie à son « géniteur », Metamorpho et lui expose son projet de se suicider, seulement contrarié par le fait qu'il ne sait pas comment se tuer ! Thunder et Grace se font une soirée entre copines pour évoquer leur amie disparue, tandis que Jade, le nouveau leader du groupe, cherche  à recruter un nouveau membre pour remplacer Indigo. Elle porte son choix sur Captain Marvel Jr, qui avait déjà prêté main forte à l'équipe contre le démon Sabbac (# 8-10). Épisode de transition, ce numéro évoque les conséquences des derniers événements et comment chaque personnage gère cette situation de crise. Judd Winick, qui est un dialoguiste de talent, y montre tout son savoir faire, sachant osciller entre gravité et pointes d'humour. Ce numéro 28 est aussi le premier de la toute nouvelle team graphique. Après un run d'une année sur ADVENTURES OF SUPERMAN (1) et deux épisodes de TEEN TITANS (# 24-25), Matthew Clark s'installe au poste de dessinateur régulier du titre, accompagné d'Art Thibert à l'encrage. Les couvertures, elles, sont dorénavant assurées par Daniel Acũna, la nouvelle sensation de DC.

out29 outsiders030

Le numéro 29 démarre une histoire en deux parties qui voit le retour de Sabbac et des Cinq Redoutables. Ces derniers, malgré leurs nouveaux looks-de-la-mort-qui-tue,  n'en sont pourtant pas plus efficaces pour autant. Terrés au fin fond du Mexique, ils reçoivent pour mission de libérer un des leurs, Mammouth, emprisonné à Alcatraz. La mission est commandité par la récemment formée Société des Super-Vilains qui n'y voit qu'un appât afin d'y attirer les Outsiders. Le but est en effet de permettre à Sabbac de prendre enfin sa revanche sur l'équipe. C'est sans compter sur le Spectre qui, au même moment, détruit le Rocher d'Eternité où étaient emprisonnées les incarnations des Sept Pêchés Capitaux. Ceux-çi libres, ils sont immédiatement attirés par Sabbac qui les absorbe (2) triplant de taille et de pouvoirs. Il lâche la luxure sur les Cinq Redoutables et la colère sur les Outsiders. C'est le moment que choisit que Katana, une membre du groupe original des Outsiders, pour faire son retour. Un come-back qui tombe à pique car la guerrière possède une épée magique qui peut stocker les âmes et qui va se révéler une arme efficace contre  le démon. Autre personnage débarquant à l'improviste: Donna Troy.

outsiders31 outsiders_32 outsiders_33

Comme dans d'autres diverses autres séries (3), Donna recrute différents héros pour empêcher la fin de tout au centre de l'univers (4). Pas n'importe lesquels cependant, puisqu'elle n'embarque que les plus puissants. Shift, Jade, Starfire et Captain Marvel Jr dans le numéro 31 au grand dam d'Arsenal qui se sent inutile. Il trouvera cependant vite à s'occuper lorsqu'il décide d'opérer une vendetta contre la Société des Super-Villains. L'équipe séparée, on se retrouve avec deux intrigues parallèles qui se succèdent au fil des pages: le voyage dans l'espace pour les uns, l'infiltration de la Société pour les autres restés sur Terre. Cette alternance est symbolisée par les dessinateurs, Matt Clark illustrant les aventures spatiales, Dietrich Smith, nouvel artiste inconnu au bataillon (5), s'occupant du reste.. Étonnant dessinateur que ce Smith qui peut bâcler une poignée de pages indignes dans le #31 comme livrer tout un épisode à peu près correct dans le #33. Des progrès en court de route ou un travail plus conséquent de l'encreur ? On ne saurait le dire. En tout cas, force est de constater que la dichotomie des styles et des niveaux est inconfortable à la lecture. Entre le trait élégant et chiadé de Clark et le dépouillement approximatif et gras de Smith, c'est un grand écart visuel assez impressionnant qui nous est proposé. Du coté du scénario, ça bouge aussi puisque après le 31, Winick cède sa place à Jen Van Meter, plus célèbre pour être la compagne de Greg Rucka que pour sa mini-série CINNAMON: EL CYCLO. Pour autant, elle se débrouille très bien. Elle met sur la route de Starfire, sa propre soeur, Blackfire, revenue d'entre les morts et aux pouvoirs accentués (4). Sur Terre, Arsenal se fait passer pour Deathstroke et infiltre une base de la Société en se servant de Grace comme prisonnière. Ils libèrent ainsi Mary Marvel et croisent la route de Captain Boomerang fils qui -pour le moment- est du coté des vilains. Arsenal essaie de se montrer impitoyable pour démontrer qu'il a l'étoffe d'un Outsider, mais ne se résout pas à éliminer ses ennemis. Finalement, Grace lui conseille d'abandonner le groupe et de rejoindre sa fille, avant d'être interrompu par le fameux phénomène cosmique issu d'INFINITE CRISIS.C'est lors de ce fameux phénomène que Jade trouve la mort. Grâce à la série 52, on sait que Starfire s'est retrouvé perdue sur une planète avec Adam Strange et Animal Man. En revanche, on ne sait pas ce qu'il est advenu de Shift.

Les numéros suivants, ce sont bien sûr des épisodes One Year Later, se déroulant une année plus tard. Tout le monde semble croire que les membres du groupe sont morts, mais ils opèrent dorénavant en sous-main. Shift a été remplacé par son modèle génétique, le Metamorpho original, Rex Mason. Nightwing a repris son poste de leader et l'équipe a intégré Captain Boomerang junior dans ses rangs. Autant de nouvelles données qui relance l'intérêt pour une série qui suit exactement le chemin inverse de celle de sa "soeur", TEEN TITANS. Si cette dernière a connue de très bons épisodes à ses débuts, elle a depuis sombré dans l'inintérêt. Pour OUTSIDERS,  un démarrage sans éclat a mené vers une montée en puissance régulière. Winick et Clark pnt maintenant toutes les cartes en main pour faire de leur titre un must-read.

(1)   Du # 627 au 638, largement entrelardés de fill-in (essentiellement dû à Renato "OMAC" Guedes). Clark est un dessinateur talentueux, mais qui a du mal à délivré ses 22 planches mensuelles. La suite de l'article le prouvera et ce n'est pas son récent problème cardiaque qui va malheureusement  arranger les choses.

(2)    En contradiction avec le numéro 37 de GOTHAM CENTRAL et le DAY OF VENGEANCE SPECIAL qui stipulaient que les Pêchés erraient plutôt dans les rues de Gotham.

(3)   Pour les recrutements de Donna Troy, voir également TEEN TITANS # 29, JSA # 77, JLA #122-123, FIRESTORM #19 & INFINITE CRISIS #2.

(4)   Voir RANN-THANAGAR WAR.

(5)   Il avait déjà signé quelques pages dans le numéro 29 sans être crédité au sommaire.

Posté par archer vert à 18:40 - Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2006

TEEN TITANS #26 à 33 + ANNUAL #1 + ROBIN #146-147

teentitans26

Après les affres métaphysiques de Superboy (Ai-je une âme ? Suis-je bon ? Suis-je mauvais ? Cheveux court ou la boule à zéro ? Et dans quel état j'erre ?), suite à sa possession par son demi-père (1) , Lex Luthor (#26), la scénariste Gail Simone signe un arc de remplissage (#27-28) où les Titans affronte Kestrel, un suppôt des Lords du Chaos qui se verrait justement bien à leur place (Et pourtant, il devrait le savoir que péter plus haut que son cul n'est pas conseillé à un suppo... Hé, hé, en plus, je peux pas sortir  parce que sinon, il y aurait plus d'articles !). Comme de juste, là où il y a Kestrel, il y a ses arch-nemesis, Hawk et Dove, deux héroïnes qui sont aussi mineures que le rôle qu'elles jouent dans cette intrigue. La cible de Kestrel n'est en effet pas les deux soeurs, mais Raven, membre des Titans. Pour l'enlever, Kestrel utilise deux vilaines nouvelles venues, Cross Christina et Server Aja. Celles-ci sont deux filles à papa qui ont choisies la mauvaise voie par haine de leurs géniteurs. Ce thème trouve un écho dans la tristesse de Robin qui vit sa première fête des pères sans le sien, récemment assassiné (2). A part ça, ces deux épisodes sont inintéressants au possible, d'autant plus qu'ils sont dessinés par Rob Liefeld, ce phénomène toujours inexplicable des comic-books. Comment peut-on, en dessinant si mal, en foulant au pied toutes les règles possibles et imaginables de la narration et en étant incapable de sortir un décor quelconque, continuer à trouver du travail et pire, à faire vendre les numéros sur lesquels on est crédité ? Encore une question métaphysique à mettre sur la liste de Superboy, sans doute la plus difficile à résoudre !

tt27 teentitanscv28

Rob Liefeld est célèbre pour avoir lancer durant l'année 1991 la série X-FORCE (3) qui battit en son temps des records de ventes. Sur cette même série, un certain Tony Daniel devait faire ses premières armes quelques années plus tard. Par un drôle hasard,  c'est ce même Tony Daniel qui devient le nouveau dessinateur régulier de la série au # 29, après un galop d'essai sur le # 26. Le 29 voit le retour du scénariste attitré, Geoff Johns, qui met lui aussi Robin au centre de l'intrigue. Il est en effet attaqué par Red Hood, alias Jason Todd, le prédécesseur de Tim dans le costume du protégé de Batman, censément mort depuis belle lurette. Son retour et ses exactions sont le sujet principal de la série BATMAN (4) à l'époque, mais il fait un petit détour par la Tour des Titans pour dérouiller son successeur, en se lamentant d'avoir été oublié par tous et de ne pas avoir était honoré comme un vrai Titans (dont il a fait parti durant un court laps de temps). L'épisode n'apporte pas grand chose et est juste l'occasion d'opposer les deux Robin dans un combat stérile. En parallèle, Donna Troy y apparaît pour recruter Cyborg, le chef de l'équipe, et d'anciens Titans, Mal Duncan et Bumblebee, pour affronter avec elle une menace cosmique d'importance (5). Sans Robin (reparti à Blüdhaven), sans Cyborg et sans Superboy (qui boude toujours dans la ferme des Kent), l'équipe se retrouve avec un effectif réduit: Wonder Girl, Kid Flash, Speedy, Raven et le nouveau chef appointé, Beast Boy. C'est cette petite équipe qui va devoir affronter le retour de Brother Blood et une armée de zombies.

tt29

Les ressurections sont une tradition dans les comic-books, et il faut dire que  DC en avait usé et abusé: Superman, Oliver Queen, Hal Jordan, Donna Troy, Jason Todd... La capacité des morts à ne pas le rester devenait franchement caricaturale. Avec l'arc suivant (# 30-31), Geoff Johns, en bon équilibriste de la continuité, commence à mettre en place une explication globale et cohérente, qui va se décliner en plusieurs temps.  Premier temps donc, le retour de Brother Blood, ennemi juré des Titans,  qui revient avec à ses cotés plusieurs Titans décédés: Omen, les précédents Hawk & Dove, Aquagirl, Kole et Phantasm. Pendant que Wonder Girl, Kid Flash et Speedy  s'occupent de ces zombies et de toute une palanquée de démons divers et variés, Beast Boy et Raven (entre qui Johns commence à esquisser une romance qui vient un peu de nulle part) voyagent dans une espèce de Purgatoire où ils découvrent un jeune homme enchaîné. Celui-ci raconte qu'il se nomme Kid Eternity et qu'il a le pouvoir d'ouvrir et de fermer la porte qui retient les morts à sa guise. Mais, pour une raison qu'il ignore, il y a eu des brèches dans la barrière qui sépare les morts des vivants.  La porte est maintenant en permanence ouverte, laissant passer les âmes des décédés. Retenu prisonnier par Blood, Eternity n'avait pas les moyens de la refermer. Beast Boy et Raven s'empresse donc de le délivrer et il renvoie bientôt tous les zombies des Titans derrière la porte et envoie Blood rejoindre ses ancêtres. Ce n'est qu'un peu plus tard que Johns révélera, dans INFINITE CRISIS, la cause des brèches dans la barrière entre vie et mort: les coups que portaient Superboy Prime pour se libérer de sa prison dimensionnel altéraient la réalité et permettaient les retours de différents personnages. De façon assez maligne, Johns explique ainsi toutes les ressurections à partir de celle -fondatrice- de Superman. En toute logique, les décès post-Infinite Crisis devraient donc être maintenant définitifs et sans retour possible. Mais qui y croit ? En filigrane à ce récit, le lecteur à droit a quelques pages mettant en scène le retour de Captain Carrot et du Zoo Crew. Parodies animalières des super-héros DC, ces personnages avaient disparus de la circulation depuis la fin de leur propre série en 1983. Sous le titre Whatever Happened to Captain Carott,  ces courts segments, illustrés par le dessinateur original de la série Scott Shaw, parodient le mythique WATCHMEN d'Alan Moore et Dave Gibbons. L'auteur de ces lignes réfléchit encore à l'utilité de ces pages au sein de cette histoire.

teentitans_30  teentitanscv31

Le numéro suivant est directement lié à  INFINITE CRISIS puisqu'il reprend et développe une partie de l'épisode 4 de la mini-série. Superboy Prime, délivré de sa prison dimensionnel, s'attaque au Superboy actuel (toujours enterré à Smallville), lui reprochant d'être un imposteur et de ne pas être un vrai héros. Là non plus, pas vraiment d'apport d'importance, si ce n'est un retour sur le cafouillis concernant la Doom Patrol (6). L'épisode est dessiné par Todd Nauck qui avait déjà filé un coup de main sur le précédent et qui assurera également le suivant, pour rattraper le retard de Daniel. Mais avant d'aborder ce numéro 33, il faut faire un tour par les  ROBIN #146-147 et le TEEN TITANS ANNUAL #1. En effet, l'attaque du Superboy Prime a laissé gravement blessé son rival. Pour sauver son meilleur ami, Robin, accompagné de Beast Boy, Wonder Girl et Speedy, doit infiltrer une ancienne base de Lex Luthor qui contient un antidote capable de le sauver. L'essentiel des deux numéros de ROBIN consiste donc à nous narrer cette infiltration  qui ne se passe pas sans difficultés. La trame est archi-rebattue, mais c'est fait avec suffisamment d'efficacité pour que la lecture ne soit pas ennuyeuse. Est-ce dû à l'apport du co-scénariste Bill Williams ? Toujours est-il que ces deux numéros relèvent largement le niveau de la série qui avait chuté à un niveau abyssale auparavant (7). Evidemment, nos amis réussissent leur mission et le TEEN TITANS ANNUAL # 1  nous montre un Superboy requinqué, prêt à jouer le match retour contre le Prime. Avant cela, il emmène Wonder Girl à la ferme des Kent où les deux jeunes gens passent leur première (et finalement dernière) nuit d'amour, pendant que les autres Titans tentent de remettre un semblant d'ordre dans la ville sinistrée de Blüdhaven. Au terme de cet Annual dessiné par un quatuor d'artistes (Ed Benes, Dale Eaglesham, Elton Ramalho et le revenant Tom Grindberg), notre ami clone vole vers sa destinée.

teentitanscv32.sized

Tout comme l'Annual, l'épisode 33 est co-écrit par Johns et Marv Wolfman, scénariste mythique de l'histoire des Teen Titans, puisque c'est lui qui écrivit la série durant les années 80 et qui en fit une des meilleures séries de l'époque. Le numéro contient d'ailleurs un clin d'oeil à cette période puisque Nightwing y porte, durant les premières pages, son premier costume. Nightwing, qui fait ici équipe avec Superboy pour rejoindre l'Arctique où Alexander Luthor et Superboy Prime, les vilains esprits derrière Infinite Crisis, sont basés. Durant ce voyage se confrontent leurs deux voies intérieures: celle de Nightwing, qui s'inquiète de savoir si son partenaire est bien remis de ces blessures et s'il est capable de remplir sa mission et celle de Superboy, intimidé par la confiance et l'expérience du premier Robin. Evidemment, une admiration et une confiance mutuelle va naître à l'issu de ce buddy-comics qui se ferme au moment où les deux héros atteignent leur cible, la suite se situant dans le numéro 6 d'INFINITE CRISIS qui voit la mort de Superboy.

robin_146  robincv147

Dans l'ensemble, ces derniers épisodes avant le One Year Later (ce bond d'un an dans la chronologie de toutes les séries DC) sont relativement fades. Hormis les # 30-31 qui font réellement avancer le schmilblick, les autres font plus office de remplissage  avec leurs combats stériles et les étirements de scènes déjà vues dans INFINITE CRISIS. Visiblement, Johns est accaparé par le cross-over et par ces conséquences (dans le 30, il nous présente déjà un des membres des T.T de One Year Later) et il a la tête ailleurs. Espérons que le nouveau statu quo va permettre de remettre la série sur les rails.

teentitansannualcv  teentitanscv33

(1)   Rappelons en effet que Superboy est issu à 50 % des gènes de Superman et à 50 % des gènes de Lex Luthor. Ce qui pose une autre question d'importance: qui est le papa, qui est la maman ?

(2)    Dans IDENTITY CRISIS # 6 (DC Comics, janvier 2005) traduit dans BATMAN & SUPERMAN # 3 (Panini Comics, janvier 2006).

(3)   À noter que le premier numéro d'X-FORCE s'ouvrait sur trois pages entièrement pompées sur des planches de George Pérez tiré de NEW TEEN TITANS # 39.  L'univers est une boucle !!

(4)   Pour la saga du retour de Jason, on lira BATMAN # 635 à 641, 646 à 650 et BATMAN ANNUAL # 26, traduit en français à partir de BATMAN # 11 (Panini Comics, avril 2006).

(5)    Voir RANN-THANAGAR WAR.

(6)   Un bordel innommable auquel il faudrait consacrer un article entier. Je vous en épargne donc les détails. En gros, c'est encore la faute au Superboy Prime.

(7)  Voir ROBIN


Posté par archer vert à 14:40 - Articles - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2006

La parabole du semeur

Le semeur sortit pour semer sa semence.  Et comme il semait, une partie du grain tomba au bord du chemin; elle fut foulée aux pieds et les oiseaux la mangèrent. Une autre tomba sur le roc, et après avoir poussée, elle se dessécha faute d'humidité. Une autre tomba au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'étouffèrent. Une autre tomba dans la bonne terre, poussa et produisit du fruit au centuple.

La parabole du semeur.

Evangile selon Saint Luc, 8, 5-8

 

  Le bouquin est le journal d'une jeune adolescente de Los Angeles, Lauren Oya Olamina. Il commence le jour de ses quinze ans, le  20 juillet 2024, et se termine le 10 octobre 2027. Elle y raconte sa vie dans une Amérique engluée dans une crise économique sans précédent. Un monde où la logique américaine d'ultra-libéralisme, de ghettoïsation et d'individualisme a été poussée à l'extrême. Les services de sécurité sont payants, l'eau est hors de prix...  Le désespoir des plus pauvres est tel que, non seulement les plus riches se protégent derrière des murs, mais aussi les classes moyennes qui n'ont guère plus que les plus pauvres, si ce n'est une maison à eux, ce qui est déjà une provocation. Certaines villes se font même privatisée: des entreprises s'occupent de la sécurité, en échange du travail des habitants qui deviennent de nouveaux esclaves. Les Olamina vivent dans le quartier de Robledo avec quelques autres familles. La communauté vivote derrière des murs de protection car, au dehors, c'est la loi de la jungle. Policiers et bandes armées se livrent au vol, au viol, au meurtre, au pillage et il faut être nombreux et solidement armés pour sortir  hors des murs.  Lauren est l'aîné d'une famille de 5 enfants. Sa mère est morte en lui donnant naissance et son père vit depuis avec Cory, qui lui a donné 4 fils. De sa mère, droguée, Lauren a aussi hérité d'une hyper-empathie. Chaque fois que quelqu'un souffre devant elle, Lauren subit la même douleur. Dans ce monde de violence, cette tare  est une malédiction et son père lui a appris à la cacher. A l'intérieur du précaire havre de paix qu'est Robledo, elle observe la vie et les gens qui l'entourent, s'interrogeant sur la religion et Dieu. Pour elle, Dieu n'est pas un être omnipotent et conscient, mais simplement l'idée de Changement. Et ce Dieu, on peut le façonner. Une relecture du « Aide-toi, le Ciel t'aidera ». Ses pensées et ces réflexions, elle les réunit dans un cahier qu'elle appelle Semence de la Terre: Le Livre des Vivants (dont des extraits ouvrent chaque chapitre et chaque nouvelle année). Mais cette théologie toute personnelle  qu'elle se construit, elle ne peut pas la partager dans un environnement où le conformisme est la règle. Surtout, elle ne peut pas en parler à la personne la plus importante de sa vie, son père, pasteur de profession, qui ne comprendrait pas le reniement de sa propre foi.  Ce père est la figure centrale de la première partie du bouquin (la plus réussie).Bien que s'opposant à lui dans le domaine de la foi, Lauren l'admire et apprécie leur complicité.  Il est le chef implicite de la communauté, l'autorité morale (en tant que pasteur) et intellectuelle (en tant qu'enseignant). Il n'est donc pas étonnant que la disparition de cette figure d'importance précède de quelque jours la fin de la communauté de Robledo, attaquée par une bande de pillards.

  Cette fin, Lauren l'avait prévue. Elle avait même tentée d'avertir ses pairs que les murs ne les protégeraient pas éternellement, sans succès. Elle s'était donc préparé en conséquence et parvient à échapper au massacre, avec deux autres habitants, Zahra et Harry. Ils décident de voyager vers le nord, plus riche et plus sûr, mais le chemin qui y mène est semé d'embûches et il faut se méfier de tout le monde. Malgré tout, au fil des kilomètres, un petit groupe va se former autour du noyau de Robledo: Travis, sa femme Natividad et leur fils Dominic, Bankolé, un médecin d'une cinquantaine d'année dont Lauren va tomber amoureuse, les deux soeurs Jill et Allie qui vont recueillir un petit garçon prénommé Justin, Emery et sa fille Tory qui ont fuit l'esclavage d'une multinationale et enfin, Grayson Mora et sa fille Doe. Durant le voyage, Lauren va apprendre à certains d'entre eux à lire et à écrire, et va aussi leur parler de Semence de la Terre. Petit à petit, Lauren envisage de trouver un coin où s'installer et créer ainsi la première communauté Semence de la Terre. La propriété que Bankolé était parti rejoindre sera ce premier site. Lorsqu'ils y parviendront, après avoir assistés à d'horribles spectacles ou affrontés les bandes de pillards sanguinaires (ce qui coûtera la vie à l'un d'entre eux), chacun devra choisir si il reste ou non.

  Ce qui frappe avant tout, c'est la dureté  de ce livre. Il ne se passe pas dix pages sans qu'on évoque un cadavre, une mort affreuse, une torture effrayante. Très jeune, Lauren a  été confrontés à la violence, à la mort... Il n'est donc pas étonnant de la voir  entrer en opposition avec ces aînés qui, eux, ont connus la prospérité et continuent d'entretenir l'espoir qu'elle reviendra. Lauren n'a jamais vu de voiture rouler et, pour elle, ce passé idéalisé n'a pas de substance et contient, de toutes façons, les germes qui ont conduit au désastre. Semence de la Terre devient pour elle une échappatoire, puis au final, une solution possible au monde dans lequel elle évolue. Car Semence de la Terre, plus qu'une religion, est une philosophie qui pousse plus à l'action qu'à la prière et au subissement. Pourtant, la deuxième partie du livre (répétitive et un peu bâclée, il faut l'avouer) a des airs de relecture de la Bible. Le voyage qu'effectue Lauren est fait de souffrance: souffrance physique due à la marche, mais aussi souffrance des autres à cause de son hyper-empathie. Dès que quelqu'un meurt (et, on l'a dit, les cadavres s'amoncellent vite dans ce bouquin) ou est blessé, elle tombe à genoux et partage la douleur de son congénère. Le périple a donc tout du chemin de croix, de la via dolorosa. Que le but du voyage soit une maison située en haut d'une colline ou qu'ils soient au final 12 (12 apôtres ?) à l'accompagner jusqu'à cet objectif ne fait que renforcer cette similitude. Le livre s'arrête une fois parvenu au terme du voyage. On ne sait pas si l'expérience de Lauren est un succès ou si, comme le pense Bankolé, ses préceptes seront détournés, comme dans toute religion, souvent pour le pire. L'important n'est pas vraiment là. Grâce à la forme du journal intime (à l'écriture parfois maladroite comme pourrait l'être celui d'une fille de son âge), il est dans ce portrait réussi d'une adolescente confrontée à une réalité trop crue, qui a mûri beaucoup trop vite, mais qui a gardé au fond d'elle-même un peu d'espoir, pour elle et pour l'humanité. Un espoir représenté par l'un des « dogmes » de Semence de la Terre, celui qui dit que le destin de l'homme est de conquérir les étoiles.

Posté par archer vert à 14:37 - Articles - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2006

Rann-Thanagar War

rann_thanagar_war_11 rann_thanagar_war_21

Surfant directement sur les évenements de la série limitée ADAM STRANGE, RANN-THANAGAR WAR est une mini-série en 6 numéros racontant la guerre qui éclate entre les Ranniens et les Thanagariens. On se souvient en effet que suite aux exactions d'une Thanagarienne renégate, la planéte Rann avait  été téléportée dans le système de Polaris. La venue d'une nouvelle planéte dans le système a rompu l'équilibre gravitationnelle et rapproché la planéte Thanagar du soleil. Les Ranniens ont alors évacués ses habitants sur leur propre planéte avant que Thanagar ne devienne complétement inhabitable. Mais, sous l'influence d'une secte, le Culte des Septs Démons, les Thanagariens en viennent à rendre responsable les Ranniens de leur exode et  prennent les armes pour conquérir Rann à leur seul profit.

rann_thanagar_war_31 rann_thanagar_war_41

Space War I

Pour éviter la confrontation, Adam Strange, le champion de Rann, part pour la Terre afin d'y ramener Hawkman et Hawkgirl qui sont des guerriers particuliérement respecté par les Thanagariens. Ils arrivent, hélas, bien trop tard. En l'absence de Strange, la guerre a commencé et celle-çi prend rapidement des allures de conflit galactique total puisque chaque camp peut compter sur d'anciennes alliances. Les Khunds, les Psions, les Tamaraneans, les Coluans ou Throneworld, toutes les forces influentes de l'univers  prennent parti et enveniment la situation. Un remake de la Première Guerre Mondiale façon space opera, en quelque sorte. Seul les Guardiens d'Oa observent une totale neutralité et retiennnent leurs Green Lanterns de participer. C'est sans compter sur la forte tête de Kyle Rayner qui s'envole pour Thanagar, qui n'est plus qu'un rocher sans vie peuplé de zombies, où il fait une importante découverte. Le Culte des Septs Démons a réussi à ressusciter leur dieu, Onimar Synn, le Dévoreur d'Ames, qu'Hawkman et la JSA avaient cru éliminer quelques temps auparavant. Le Dieu cruel se rend sur Rann où il dirige les forces thanagariennes. La situation semble difficile pour Rann et pour Adam Strange qui doit faire fuir sa famille. Heureusement, il peut compter sur l'aide de Hawkman, d'Hawkgirl, d'Hawkwoman, des Omega Men, du Prince Gavyn, de Captain Comet  et de deux Green Lantern, Rayner et Kilowog. Il devra par contre faire face à la trahison de Blackfire, la reine des Tamaraneans, qui les trahit en laissant Hawkwoman sur le carreau. Finalement acculés, Strange et ses alliés vont affronter Onimar Synn et le vaincre une bonne fois pour toute en téléportant sept de ses morceaux en divers points de la Galaxie. Hélas, influencé par Blackfire, le Grand Mor, chef légitime des Thanagariens, n'en renonce pas pour autant à la guerre. Le conflit continue.

rann_thanagar_war_51rann_thanagar_war_61

Le vide spatial

RANN-THANAGAR WAR fait partie des 4 mini-séries lancée en prologue au grand cross-over INFINITE CRISIS. Chacune d'entre elles devaient mettre l'accent sur un aspect précis de l'univers DC: la magie, les vilains, l'espionnage... Celle qui nous intéresse aujourd'hui avait pour but de remettre les pendules à l'heure dans l'univers spatial de DC. Les races, les empires et les héros spatiaux de DC forment un sous-ensemble touffu qui n'a pourtant pas du tout gagné en clarté avec cet opus. Dave Gibbons livre une histoire très complexe qui saute d'un lieu à un autre  en permanence et qui se permet mêmes de larges ellipses qui ne rendent pas le récit particuliérement facile à suivre. Qui plus est, le dessin est assuré par Ivan Reiss, un illustrateur de talent, mais dont le style est particuliérement fouillé. Le résultat en est donc des planches surchargées,  remplies de détails en tout genres qui n'aident pas à la lisibilité. Une complexité de forme qui cache en fait un fond assez pauvre. Entre l'épisode 1 et l'épisode 6, la situation n'aura pas changé d'un iota. Le moteur de l'intrigue aura simplement été le combat contre Onimar Synn, un vilain dont le principal défaut est de trop ressembler à celui de la mini ADAM STRANGE. Au final, RANN-THANAGAR WAR semble être une histoire de transition entre ADAM STRANGE et INFINITE CRISIS plutôt que l'oeuvre épique et definitive qu'on nous avait promis. Beaucoup plus intéressant sera le numéro special RANN-THANAGAR WAR INFINITE CRISIS SPECIAL qui sortira quelques mois plus tard, mais avant d'en parler, faisons un arrêt par la série HAWKMAN.

hawkman_46 hawkman_47

Les faucons de l'espace

Par son implication importante dans le conflit, il était logique que la série consacrée au héros ailé se fasse l'écho des évenements. C'est ainsi que le numéro 46 est un prélude à RANN-THANAGAR WAR, tandis que les numéros 47 à 49 en sont la suite directe. Le numéro 46 détaille les évenements qui se déroule juste avant l'épisode 1 de RANN-THANAGAR WAR permettant d'embrayer avec la lecture de la mini-série juste après ce numéro, avec une fluidité et une logique remarquable. Les 47 à 49, eux, se révéle être le point de contact entre RANN-THANAGAR WAR la mini-série et RANN THANAGAR WAR le numéro spécial. Ces épisodes de HAWKMAN se révélent bien plus interessant que la mini de Gibbons et Reiss. C'est la guerre et les scénaristes ne s'emmêlent pas de complications: ca bastonne à tous les étages avec pour seul objectif la survie. Pourtant, à coté de ça, ils arrivent à glisser une évocation de la vie quotidienne en temps de guerre et l'impact de celle-çi sur les populations innocentes. Un aspect humain qui est le grand absent chez Gibbons et Reiss. Fin du fin, ils profitent même de la situation pour faire évoluer les relations entre les deux  personnages principaux. Bref, ils s'en passent plus en 3 épisodes d'HAWKMAN qu'en 6 de RTW. Pour parfaire, on a droit au dessin clair et fluide de Chris Batista. C'est moins joli que du Ivan Reiss, mais bien plus reposant à lire.

hawkman_48hawkman_49

L'espace: ultime frontière.

Après cela, viens donc le numéro spécial.  En plein milieu de la guerre spatiale est apparu un phénomène cosmique de grande ampleur et inconnu. D'immenses mains géantes sont apparues en son centre. Les lecteurs d'INFINITE CRISIS savent qu'il s'agit des mains d'Alexander Luthor qui cherche à réécrire la réalité, mais pour les héros amassés autour de ce mystère, c'est l'incompréhension. La première des priorités est alors de faire cesser les hostilités entre Ranniens et Thanagariens pour se consacrer à la menace commune. Ce sera chose faite lorsque l'on découvrira que ce n'est pas seulement l'irruption de la planéte Rann qui a devié l'orbite de Thanagar, mais aussi un petit coup de pouce de Superboy Prime, l'acolyte d'Alexander Luthor. Les deux planétes enterrent donc la hache de guerre pour s'unir face au péril commun. En paralléle, Kyle Rayner est parti enquéter sur les bras géants avec Jade, son ex-compagne, a qui il avait transféré une partie du pouvoir de son anneau dans le passé. Le duo est un peu trop curieux et une vague d'énergie les cueille avec force. Si Kyle parvient à se protéger, il n'en est pas de même de Jade qui succombe. Elle a néanmoins le temps de transférer son pouvoir à Kyle qui devient Ion, un être aux pouvoirs supérieurs. Incidemment, on apprend qu'il s'agit d'une expérience des Gardiens d'Oa qui cherchent à créer la nouvelle génération de protecteurs de l'espace qui pourraient supplanter les Green Lanterns. Est-ce à dire que les Gardiens auraient déliberemment laisser mourir Jade ? Et comment auraient-il su qu'elle allait mourir ? Cela reste pour le moment un mystére  En tout cas, c'est Ion qui va mener l'attaque de toutes les forces réunies contre le phénoméne spatiale menaçant. A tout point de vue, ce spécial est de bien meilleur facture que la série limitée. Gibbons et Reiss sont toujours aux commandes, mais à une différence prés. Cette fois, ils ont quelque chose à raconter. Contrairement à la mini-série qui tenait plus du remplissage qu'autre chose, le numéro spécial a un cahier des charges très précis puisqu'il doit combler les ellipses laissés dans INFINITE CRISIS par manque de place.

rannthanagarwarspecialcv1

Traductions françaises

En France, le compte à rebours pour INFINITE CRISIS s'est déclenché au mois de mai dans le magazine BATMAN & SUPERMAN (#5) disponible en kiosque et se poursuit dès le mois de juin avec la parution en librairie d'un Big Book intitulé INFINITE CRISIS PRELUDE. Outre la mini-série RANN/THANAGAR WAR que nous venons d'évoque, vous y trouverez JUDGEMENT DAY (par Bill Willingham et Justiniano), la mini-série qui, elle, reposait les bases de la magie dans l'univers DC.

ADAM STRANGE #1-7 (Diggle/Ferry) – Inédit (scandaleusement ! ).

DC COUNTDOWN TO INFINITE CRISIS (divers) traduit dans BATMAN & SUPERMAN #5 (Panini Comics, mai 2005).

HAWKMAN #46 (Palmiotti/Gray/Randall/Thibert) – Inédit.

RANN/THANAGAR WAR #1-6 (Gibbons/Reiss) traduit dans INFINITE CRISIS -  PRELUDE vol.1 (coll. Big Books, Panini Comics, juin 2006).

HAWKMAN #47-49 (Palmiotti/Gray/Batista) – Inédit.

RANN/THANAGAR WAR INFINITE CRISIS SPECIAL (Gibbon/Reiss) – Inédit.

Posté par archer vert à 14:19 - Articles - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2006

Captain Marvel

captain_marvel_1

Après avoir quitté HULK, après plus de onze années d'écriture, Peter David s'éloigne de la Marvel. Son activité se rabat essentiellement sur les deux séries DC qu'il a gardé: SUPERGIRL et YOUNG JUSTICE. Il continue également à écrire SPY BOY pour Dark Horse. Pourtant, il ne faut pas longtemps à David pour revenir chez l'éditeur de Spider-Man. En effet, après le succés de la maxi-série AVENGERS FOREVER, Marvel a décidé de créer une série mensuelle dérivée. Elle aura pour héros Captain Marvel, protagoniste de la maxi-série, qui a la particularité d'être psychiquement lié à Rick Jones, l'éternel compagnon de Hulk et personnage fétiche de David. Il n'en faut pas plus pour que le génial scénariste prenne les commandes de ce nouveau titre, dont le premier numéro sort en novembre 1999, soit un an à peine après son départ de HULK.

captain_marvel_2

Le fils de son père

Captain Marvel est le deuxième du nom. Le premier était un extra-terrestre de la race des Krees qui se prit d'affection pour la Terre et en devint le protecteur cosmique, aidé en cela par des bracelets quantiques. Lors d'une mission, il fut cosmiquement lié à Rick Jones. Cosmiquement lié ? Voilà une expression qu'on ne trouve vraiment que dans les comics ! Cela signifie, en tout cas, que les deux hommes se partagent leur place sur Terre. Quand Captain Marvel frappe ces bracelets, il est envoyé dans la Zone Négative, une dimension paralléle, tandis que Rick en sort pour prendre sa place et vice-versa. Bien sûr, les deux compères peuvent communiquer entre eux par delà les dimensions. Cependant, Marvel et Jones furent séparés, et le héros Kree mourut quelques temps plus tard d'un cancer. Ce que l'on ne savait pas, et lui non plus d'ailleurs, c'est qu'il avait un fils. Ou, du moins, un rejeton génétique basé sur son ADN et sur celui d'Elysius, sa compagne. Un petit coup d'accélerateur d'évolution et en à peine quelques années l'on voit débarqué un solide gaillard de 18 ans appellé Genis. Il squattera réguliérement les pages des séries cosmiques de Marvel et plus particuliérement SILVER SURFER. Un Surfer qui a bien du mal à  inculquer la notion d'héroisme au jeunot, plus interessé par la beuverie et la bagatelle que par les combats contre les tyrans spatiaux. Pourtant, peu à peu, Genis va accepter le poids de ses glorieuses origines, et va utiliser les bracelets de son père pour tenter de faire le bien, avec plus ou moins de succés et de bon sens. Ce sera l'occasion de lancer une série CAPTAIN MARVEL, écrite par Fabian Nicieza durant l'année 1995. Une série qui fera un flop complet au bout de 6 numéros.

captain_marvel_4

Ascension

A partir de là, rien ne prédestinait Génis à une carrière super-héroique digne de ce nom. C'était sans compter sur Kurt Busiek et sur Carlos Pacheco, qui dans leur maxi-série AVENGERS FOREVER, introduisent un Génis new look, plus puissant et ayant repris les costume de son père. Cela lui donne autrement plus de classe que son costume précédent, déjà has-been dès sa première apparition. Au cours des remous temporels qui se déroulent dans la maxi-série, Rick Jones, encore lui, se retrouve de nouveau lié à un Marvel, à la différence près que cette fois, ce n'est pas la Zone Négative que les héros visitent, mais le Microverse, un univers qui se cache dans l'infiniment petit.

C'est ainsi que démarre la nouvelle série. D'emblée, David pose de nouvelles règles. Alors que Jones et Marvel Senior s'entendaient à merveille, c'est loin d'être le cas avec le fils. Ce qui nous vaut des joutes verbales d'anthologie. La principale caractéristique de la série est en effet un humour debridé, qui passe souvent par les dialogues excellement écrit. David anime une galerie de personnages, certes, réduite, mais dont les relations tumultueuses entre eux ajoutent un piment incomparable. Outre Marvel et Jones, il y a Marlo, la femme que Rick essaie de reconquérir et qui essaie de gérer un magasin de comic-books, il y a Moondragon, télépathe alien, imbue d'elle même, insupportable, mais allié fidéle, il y a aussi l'employé de Marlo au magasin, qui change tout le temps de nom. Last, but not the least, il y a Lorraine, la grande trouvaille de David. Lorraine est un fantôme qui hante en permanence Marlo et ne peut s'empêcher de tout commenter avec un cynisme à toute épreuve, ce qui donne des tirades hilarantes. Lorraine va découvrir, malgré elle, que fréquenter des héros est une source d'ennui insondable ! Grâce à ces quelques personnages et à des guest-stars bien choisies, le titre est d'un dynamisme rarement vu en comics depuis la Justice  League de Giffen et DeMatteis en 86. C'est du sitcom sur papier et c'est le lecteur qui ponctue les vannes de ses rires. De plus, David accompagne le tout d'un formidable second degré. La carrière de Jones avec les super-héros et le travail de Marlo lui permet de détourner tous les poncifs du genre et de donner son avis sur le monde des comics. Il n'hésite pas à se payer la tête de ses confrères et même des fans, ces fameux « Geeks » américain.

captain_marvel_3

Bwa-ha-ha-ha

En plus d'un plaisir de lecture sans cesse renouvelé, CAPTAIN MARVEL