Dans le carquois

Le carnet de bord (Artistique, Recensioniste et Citoyen) de l'Archer Vert AKA Alain Roussel

29 juillet 2013

Restons pacifiques

Vu PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro :

Pacific Rim 04

J'ai eu la chance de voir ce film deux fois, une première de façon classique, la seconde en 3D et on a rarement l'occasion de le dire, mais il FAUT voir ce film en 3D. La gestion de la profondeur de champs, des différents niveau de plan est vraiment très, très bien foutue. Pour un film qui n'a pas été pensé en 3D à la base, c'est du travail de haute volée qui a été fait.
En ce qui concerne ce film, j'ai vraiment bien aimé, à quelques réserves près.
D'abord, il est extrêmement frustrant ! En effet, les cinq premières minutes d'exposition sont tellement riches et blindées de bonnes idées qu'il y aurait eu matière à au moins deux films. Au lieu de ça, on embraye sur un film qui aligne les poncifs et les clichés avec une rigueur de métronome. Le has-been qui doit surmonter son trauma pour montrer que c'est lui le meilleur, la rookie qui doit surmonter aussi son trauma pour montrer qu'elle est à la hauteur, le rival grande gueule et égocentrique mais qui fera finalement amende honorable, le leader inflexible, mais humain, malade de surcroît (autant dire que c'est affiché "sacrifiable" sur son front), les comparses d'autres pays (caractérisés à la truelle: les Russes ont forcément une technologie rustre et les Chinois sont forcément plus nombreux) qui se font laminer la gueule... Un vrai Guide du parfait scénariste hollywoodien. Et c'est sans doute là que le bât blesse. En voulant appliquer à la lettre une des recettes de tous les conférenciers en scénarii du monde (à savoir que l'histoire que vous raconter doit être la plus importante de la vie de vos héros), Guillermo Del Toro a voulu nous faire son Crépuscule des Dieux version Mecha, sauf qu'en zappant en quelques minutes l'Age d'Or des Jaegers, on perd énormément en impact et en sentiment de fin du monde. Les personnages nous serinent tout au long du film qu'on est à deux doigts de l'Apocalypse, mais y a vraiment rien qui nous le montre réellement. Les Kaijus sortent de façon régulière de leur brèche et sont repoussés, sans qu'on assiste à une véritable invasion destructrice. Bref, difficile de voir une véritable différence entre avant et maintenant. Tout au plus, on sent bien que l'Humanité -sur un plan économique- est véritablement à genoux, comme le montre la séquence de la construction du Mur, pas banale dans une super-production de ce genre où la classe ouvrière est généralement largement oubliée.
Alors qu'est-ce qui fait que ce film est très bon malgré tout ? Sans doute, tout simplement, parce que Del Toro y croit à fond et que ça se ressent dans sa mise en scène. Oui, il filme des clichés, mais il le fait avec sérieux, en essayant de nous impliquer le plus possible. A l'image de la séquence de souvenirs de Mako, bien traumatisante. Rien n'est traité par-dessous la jambe. Même l'amourette entre les deux héros bénéficie d'idée de mise en scène à même de nous la rendre sympathique (Mako surveillant son binôme par l'oeil-de-boeuf de sa porte, par exemple). Il y a des plans iconiques à tire-larigot, le thème principal est super efficace, les acteurs sont tous très bons (mention spéciale à Idris Elba et Rinko Kikuchi), la photo est magistrale, tout est fait pour que le spectacle soit total et enthousiasmant, tout en étant lisible. C'est un rêve (cauchemar pour Mako) de gosse mis en image. Chapeau l'artiste.

Lu BATMAN SAGA #14:

Batman Saga 14

BATMAN #0: Après la conclusion relativement décevante de la saga précédente, ce numéro 0 confirme un net coup de mou de la part de Scott Snyder, qui brode vingt pages autour d'une anecdocte du passé... et qu'il termine par un cliffangher annonçant une prochaine saga !! Ca sent un brin le foutage de gueule. Par contre, la back-up par James Tynion IV qui survole les futurs Robin (et Batgirl) au moment où le Batsignal est allumé pour la première fois m'a plutôt plu. Efficace. Graphiquement, ça reste 'achement bien avec un Capullo qui assure toujours autant et un Andy Clarke que j'ai toujours plaisir à voir.
DETECTIVE COMICS ANNUAL #1: Tony Daniel, comme scénariste, ça n'aura pas été jouasse. Et il ne redorera pas son blason avec cet Annual à l'intrigue téléphoné, aux dialogues d'une rare platitude et à la conclusion confuse. Aux dessins, on a droit à deux faiseurs, Romano Moleenar et Pere Perez, dont le manque d'éclat ne dépareille pas dans le tableau.
DETECTIVE COMICS #0: Heureusement, c'est Greg Hurwitz qui écrit cet épisode, Daniel se contentant de ce qu'il sait faire le mieux: dessiner. Pas que l'intrigue en elle-même soit à tomber par terre d'originalité (c'est même un brin tirer par les cheveux), mais au moins, c'est lisible. Tynion IV signe à nouveau une back-up et là encore, il touche juste avec ce portrait d'Alfred attendant le retour de Bruce. Un mec à suivre, décidément.
BATMAN & ROBIN #0: Tomasi et Gleason livrent toujours un aussi bon travail. Leur vision de l'enfance de Damian vaut assurément le coup d'oeil. Gleason est peut-être un petit trop caricatural par moment, mais ça n'empêche, c'est quand même la meilleure série du mag.
BATGIRL #0: Décidément, j'aime bien ce que fait Gail Simone sur ce titre. C'est solide, pas con du tout, avec une très bonne caractérisation... Et même Ed Benes aux dessins semble être une bouffée d'air frais par rapport au très maladroit Yildiray Cinar. Et la fin vaut son pesant de frissons.

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