Dans le carquois

Le carnet de bord (Artistique, Recensioniste et Citoyen) de l'Archer Vert AKA Alain Roussel

27 août 2007

Weegee The Famous and Others American Fantasies

Le hasard fait parfois bien les choses. C'est ainsi que deux expos françaises mettent en lumière le passé d'un pays auquel on n'en prête peu, les États-Unis.

A Giverny, Visions d'Ouest propose de découvrir la conquête de l'Ouest sous l'oeil des photographes qui accompagnaient souvent les expéditions. Un peu de rêve et de merveilleux pour un pays qui se remettait difficilement de la guerre de Sécession et cherchait à se forger une identité (trouvé via Fabrice).

William_Bell__Chocolate_Butte_near_the_mouth_of_the_Paria__1872
William Bell, Chocolate Butte near the mouth of the Paria, 1872

William_Jackson__Hayden_expedition_in_camp__1872
William H. Jackson, Hayden expedition in camp, 1872

William_Jackson___photo_of_Shoshone_Indians__1871
William Jackson, photo of Shoshone Indians, 1871

Timothy_H
Timothy H. O'Sullivan, Fugitive African Americans Fording the Rappahannock River. 1862

Timothy_O_Sullivan__Incidents_of_the_war
Timothy O'Sullivan, Incidents of the war. A harvest of death, Gettysburg, July, 1863

Le Musée Maillol, quand à lui, s'intéresse au photographe Weegee, qui dans les années 30-40, photographia le New York de la crise, de la criminalité, de la guerre et de la pauvreté. Personnage fascinant que ce Arthur Fellig, dit Weegee, qui fut l'un des grands photo-journalistes de son époque. En permanence branché sur la fréquence de la police, il a sillonnait les rues nocturnes de la Grosse Pomme pour y photographier les faits les plus divers, avec une prédilection pour les victimes de meurtres et les incendies. Avec son bureau installé dans le coffre de sa voiture, il était toujours le premier à ramener dès le petit matin les photos les plus croustillantes aux rédactions avides. Mi-journaliste, mi-voyeur, l'oeuvre de Weegee propose en tout cas un portrait sombre de la mégalopole, une esthétique de film noir qu'il contribuera à populariser.

Accident__42nd_Street_at_Third_Avenue__1946

046_013_LBW

046_030_LBW

weegee5

Posté par archer vert à 22:43 - Carnet de bord - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 août 2007

Lu SHOGUN SEINEN 1

Shogun_Seinen_01Depuis l'année dernière paraissait le magazine SHOGUN, publié par les Humanoïdes Associés. Son objectif ? Importer en France la recette des épais magazines japonais qui prépublient les mangas afin d'imposer la collection de mangas imaginés par des auteurs européens. Cet été, le mag s'est scindé en deux déclinaisons, SHOGUN SHONEN, destiné à un public adolescent et SHOGUN SEINEN, dirigé vers un public plus adulte. Les séries les plus intéressantes ayant donc immigré vers SEINEN (qui y a gagné un format plus petit et plus compact qui est 'achement bien mieux), ce numéro 1 est un bon point de départ pour un petit topo sur les titres dirigés par Guillaume Dorisson qui existent maintenant pour la plupart en version reliée disponible en librairie.

ALTER. Un flic ripou donne du fil à retordre à l'unité d'élite de Marcus Donovan lors de son arrestation, mais il continue à semer le trouble chez Donovan même derrière les barreaux. Très prometteur, malgré une très nette influence de la japanime, tel ce combat aux flingues qui aurait vachement de gueule en mouvement, mais perd tout son intérêt en BD. Néanmoins, le graphisme d'Orenalla est superbe.
SANCTUAIRE REMINDED. Un sous-marin se retrouve piégé dans une mystérieuse architecture sous-marine qui semble rendre folle certaine personne. Très bon thriller matiné de complots à la X-Files. C'est bien foutu et le dessin est très bon.
ACTORS STUDIO. Un tueur fait filmer ses exploits par une équipe de télévision. Après bien des années, la fille de deux de ses victimes, qui pensait avoir tiré un trait sur son passé, voit ce douloureux souvenir remonté à la surface. Une première partie qui se traîne un peu, mais c'est un peu la croix de tout chapitre d'introduction et rare sont ceux qui l'évite (mais ca existe, voir pas plus loin que L'Escouade des Ombres). Espérons tout de même que le coté gnangnan-vie lycéenne sera vite évacué.
UNDERSKIN. Polar futuriste à la Ghost in the Shell. De très jolis dessins pour un série au thème excitant (des habitants d'une mégalopole se découvre robot à leur insu), mais plombé par un manque d'implication émotionnelle, un rythme lent et des dialogues parfois lourds et surtout régulièrement caviardés de fautes d'orthographes et de typo !
TENGU DO. Un fils de paysan décide de venger son maître en arts martiaux en se lançant sur la piste du démon Tengu. En chemin, il croisera un ronin masqué et manchot qui le guidera durant son voyage. Série pas mauvaise du tout due à Alex Nikolavitch au scénario et Andrea Rossetto aux dessins. Plein de bonnes idées, des rebondissements qu'on ne voit pas venir et qui nous font poser des questions sur le chemin que prend la série. Très prenant.
L'ESCOUADES DES OMBRES. Nikolavitch toujours au scénario pour un space opera dans la veine de Starship Troopers avec troufions surarmés en armure. L'action démarre lorsque deux soldats refusent d'exécuter des prisonniers de guerre. Ils sont jugés par une cour martiale manipulée par un état qui se fascisent de jour en jour. Voilà pour une fois une exposition rondement menée et qui attire l'intérêt. La montée en puissance des fachos est particulièrement bien rendue. Il est par contre vraiment dommage que le dessin soit si moche !
LOLITA HR. Peut-être une des séries les plus mal-aimées du SHOGUN MAG, alors que c'est l'une des plus sympa. Lolita est une rock star qui s'oppose au pouvoir en place, dirigé par Neponime. En fait, Lolita est un Humanoid Robot que tout son entourage se dispute et manipule. Lolita est une sorte de marionnette, un Pinochio moderne, mais qui semble sur la voie de sa propre autonomie et de la recherche de son destin. Écrite par Delphine Rieu et illustrée par le trait racé et délié de Javier Rodriguez, cette série vaut assurément le coup.
LOHRIS DES DAWNHILLS. Mélange de fantasy et de steampunk, cette série met en scène Lohris, l'héritier de la famille des Dawnhills, une terre maudite dont le Lord perd peu à peu les faveurs de la Cour des Lords. Une Cour qui a bien à faire avec les revendications d'un peuple nomade, les Bounlayis, qui veulent une terre à eux. Alors que les attentats se multiplient, les Dawnhills pourraient bien être la solution du problème, mais à quel prix? Et quel sera le rôle de Lohris ? Un premier chapitre prometteur, bien que peu original qui laisse espérer une série d'aventure de bonne facture. Dommage que les dessins soit parfois si bâclés. Sans le très beau travail de trames, ca serait immonde.

Voilà en tout cas une initiative qui fait renaître le coté populaire de la BD avec sa prépublication à pas cher (3,90 les 272 pages de BD) en kiosque. Affaire à suivre donc.

Posté par archer vert à 16:07 - Carnet de bord - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

« Le monde est absurde, pensa-t-il, les morts s'y promènent en liberté et je ne m'en étonne même plus... »

Je_suis_une_L_gende« Écrit du point de vue du dernier survivant, ce très impressionnant roman a le mérite de rationaliser en pure science-fiction un des motifs les plus célèbres de la littérature fantastique. Aux cotés des deux premiers romans d'Alfred Bester, Terminus les étoiles et L'Homme démoli – qui à la même époque proposaient un rapprochement très convaincant entre la science-fiction et le roman policier-, Je suis une légende est une des pierres fondatrices de l'Esthétique de la Fusion. En bousculant les frontières entre les ghettos des littératures dites de genre, celle-ci présidera, au cours des années quatre-vingt-dix, à l'émergence d'une nouvelle littérature fusionnelle qui explosera au tournant du millénaire. »

C'est ainsi que Francis Valéry parle du livre de Richard Matheson dans son guide de lecture, Passeport pour les étoiles. Le hasard a voulu que je lise L'homme démoli et Je suis une légende à la suite(sachant que Terminus les étoiles m'attend bien sagement également) sans m'être rappelé que Valéry les considérait tout deux comme des pierres angulaires de la littérature de genre. Il n'y a pas grand chose à rajouter aux mots de Valéry. Ce roman est un livre impressionnant par son ambiance de fin du monde que vient contrebalancer la vie finalement banale et routinière que tente de préserver Robert Neville, le dernier homme sur Terre à ne pas avoir été victime d'un virus vampirique qui a transformé tous les êtres humains en suceurs de sang.
Comme d'habitude chez Matheson, une écriture d'une efficacité et d'une rigueur à couper le souffle pour un sujet passionnant. L'écrivain propose une vision scientifique et rationnelle d'un mythe folklorique, le vampirisme, et lui donne ainsi une réalité triviale où sang, bestialité et sexe (de façon assez subtile, on est en 1954, Les amants étrangers de Farmer n'a que deux ans) se côtoient. Pas de romantisme, ni de vision gothique dans le fait de chasser le sang du premier venu. Le vampire est un malade, la victime d'un bacille présent au sein de l'humanité depuis des siècles, qui a muté et s'est brutalement répandue par le biais de tempêtes et d'insectes. La grande idée du livre, c'est finalement de retourner la façon d'appréhender les vampires. De légendes monstrueuses, ils passent au stade de successeurs de l'humanité. Neville devient l'exceptionnel, le monstrueux aux yeux de la nouvelle race dominante. Et sa mort n'en fera bientôt plus qu'une légende, le dernier représentant d'une race maintenant éteinte.
Classique de la SF, ce livre court et dense est vraiment à recommander. A lire d'urgence avant de voir le film de Francis Lawrence avec Will Smith qui sortira en fin d'année.

Posté par archer vert à 15:21 - Carnet de bord - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 août 2007

Punish yourself, humanity !!

Posté par archer vert à 13:47 - Carnet de bord - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 août 2007

Lundi 20 août 2007

Séquence nostalgie

Vous saviez vous, que J. Michael Straczynski, le créateur de Babylon V et le scénariste d'Amazing Spider-Man, avait bossé sur cette série animée ? Non ? Ben, moi non plus... Et pourtant.

Ben ouais, incontournables quand même...

Mon flip du samedi après-midi. Elle foutait quand même des frissons cette série avec sa toute petite armée d'humains face à des lézards plus nombreux et mieux armés. Et le générique n'arrangeait rien. J'adore le dernier plan sur Mike donovan, tout seul dans un vaisseau ennemi. Le zoom et l'arrêt sur image donne un sacré effet dramatique, comme si il avait déjà perdu et qu'il était déjà mort.

Posté par archer vert à 22:06 - Carnet de bord - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2007

Mercredi 15 août 2007

Réponse -un peu tardive, je m'en excuse- à la patate chaude balancée par Digitalyn. J'ai déjà parlé de certains de ces bouquins içi, alors je me contenterais d'un copier-coller pour ceux là.

Quatre livres de ma jeunesse:
-La ballade des Lackawanna, de Chester Aaron
«...un livre lu quand j'étais tout môme et qui m'a profondément ému (je ne suis pas qu'un bad boy, j'ai un coeur aussi ;-) ), l'histoire d'une bande de gavroches qui se réunissent pour survivre durant la Grande Dépression.»
-Le Livre des Crânes, de Robert Silverberg
«...première fois que j'abordais une littérature plus adulte, avec des scènes de sexe dedans. J'avais dix ans. Depuis, je rêve de devenir immortel !»
-La trace de Cthulhu, de Howard Phillips Lovecraft et August Derleth.
Ok, ce n'est pas vraiment un bouquin écrit par Lovecraft, mais une des innombrables continuation de son univers par son exécuteur testamentaire, Derleth. Oui, mais voila, c'est aussi mon premier contact avec la mythologie lovecraftienne. Et ça, ca porte le bouquin à une place particulière. Et puis il y a la préface de Francis Lacassin sur le catalogue de la bibliothèque fantôme de cet univers, rappelant qu'il n'y avait pas que le Necromicon d'Abdul Al Azred.
-Le chat qui clignait de l'oeil, d'Alfred Hitchcock.
Hein ? Qu'est-ce que c'est ce truc ? Hitchcock a écrit des bouquins ? Non, non. Il s'agit d'une série jeunesse qui se servait du nom de l'illustre réalisateur de films policier pour présenter les aventures de trois détectives adolescents californiens. Hitchcock signait les préfaces (du moins, c'est ce qu'on nous faisait croire) et il effectuait parfois de petites cameo au sein même des romans. J'ai eu ma période où je recherchais assidûment les bouquins de cette collection chez Bibliothèque Verte. Le personnage principal était un petit gros qui se prenait trop au sérieux, mais qui possédait une capacité de déduction sans pareil. J'ai jamais lu d'Agatha Christie, mais à la place d'Hercule Poirot, j'avais Hannibal Jones ! Et puis, des ados qui avait un QG caché sous une montagne de bric-a-brac d'une décharge-brocante, ca me fascinait !

Quatre écrivains que je lirais encore et encore:
-Robert Silverberg
Le maître conteur.
-Philip K. Dick
Rien de ce ce que vous voyez n'est réel. La paranoïa n'est pas une maladie, c'est la meilleure façon d'écrire des livres.
-Kurt Vonnegut
Rien de ce que vous voyez n'est sérieux. Le cynisme n'est pas une tare, c'est l'autre meilleure façon d'écrire des livres.
-Alfred Bester
Ou comment avoir vingt ans (voire plus) d'avance sur tout le monde sans que personne ne le remarque.


Quatre écrivains que je ne lirais plus:
-René Belletto
La machine est une daube sans couilles.
-Paulo Coehlo
Confondant de niaiserie et de platitude. Et des gens trouvent ça inspirant ! Mais il vaut mieux qu'il écrive des livres plutôt que de fonder sa secte.
-A.E Van Vogt
J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais son style est vraiment trop aride.
-Bernard Werber
Les Fourmis était rigolo bien que tirés par les cheveux. Sa suite m'est tombé des mains. C'est même plus rigolo. Pire, ca vous prend de haut alors que ce n'est que de la littérature de gare.

Quatre livres sur ma pile:
-La huitième couleur, de Terry Pratchett
Fortement conseillé par Leto qui m'a mis d'autorité le bouquin en main. Je me plie de bonne grâces depuis qu'il m'en chante les louanges.
-La trilogie du Minotaure, de Thomas Burnett Swann
Commencé, mais pas fini. Pas emballé.
- Histoires de pouvoirs.
Une des anthologies thématiques du Livre de Poche. Y a du Bester (2 fois), du Matheson, du Sturgeon, du Silverberg. Que demande le peuple franchement ?
-Chronique des années noires, de Kim Stanley Robinson.
Et si l'Asie et le Moyent-Orient avaient dominés le monde plutôt que l'Europe durant le Moyen Age ? Une uchronie. Un livre d'histoire alternatif. Un pavé qui va sans doute me prendre longtemps à digérer.

Posté par archer vert à 21:13 - Carnet de bord - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mardi 14 août 2007

Le magicien de Lisieux
Terminer la semaine dernière le premier atelier vidéo de la saison dont le thème etait le centième anniversaire de l'invention de l'hélicoptère par Paul Cornu. Quelques unes des 400 photos du tournage sont sur
le blog de l'Association Pour le Cinéma. Où l'on apprend que je porte très mal la moustache, surtout quand elle est postiche. 

Posté par archer vert à 00:15 - Carnet de bord - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 août 2007

Dimanche 12 août 2007

Be Kind, rewind
Le prochain Michel Gondry:

Posté par archer vert à 23:58 - Carnet de bord - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2007

Jeudi 02 août 2007

Vu PATLABOR LE FILM.
Patlabor_The_Movie_1Lors de mon dernier passage à Caen, j'ai un peu craqué pour le coffret 5 DVD reprenant la trilogie des long métrages Patlabor dont les deux premiers opus ont été réalisés par Mamoru Oshii, le génial réalisateur de GHOST IN THE SHELL (qui a fait récemment l'objet d'une ressortie bienvenue sous forme d'un beau digipack argenté. Pathé, l'éditeur de ces deux trésors nous gâte décidément). Vous vous souvenez peut-être de la série de dessin animés qui étaient diffusé dans le Club Dorothée de notre enfance. Dans un futur proche où les Labors, des robots géants humanoïdes, aident les humains dans les tâches les plus dures, on y suivait les aventures de la seconde unité de Patrol Labors (Patlabors donc) dont la mission était de contrecarrer les utilisations illégales de ces machines au fort potentiel de destruction. Ce sont ces mêmes personnages que nous retrouvons dans ces films. Dans le premier film, certains Labors deviennent fous et échappent aux contrôles de leurs maîtres humains. La seconde unité va enquêter sur ce phénomène et découvrir le plan machiavélique ourdit par un génie de la robotique se prenant pour Dieu. Si parfois l'animation semble daté un peu (le métrage date de 89, on est encore loin de l'animation en 3D), il n'en reste pas moins un grand film qui voit déjà le style Oshii se déployer dans toute sa splendeur: un rythme lent, une recherche esthétique d'exception au service d'une intrigue politico-philosophique passionnante, le tout assaisonné de la partition du génial Kenji Kawai. Oshii s'interroge sur la place du passé dans nos vies, sur le destin de l'homme et sur les conséquences de ces actes. Certaines images sont tout bonnement magnifiques (les séquences contemplatives de l'enquête des deux inspecteurs qui m'ont fait penser au CHIEN ENRAGÉ de Kurosawa, l'abordage de l'Arche, l'aire des oiseaux). Oshii a de plus l'élégance de ne pas privilégier les mechas au profit de ses personnages principaux qui bénéficient d'une réelle épaisseur. Un excellent film que j'ai hâte de comparer au suivant.

Posté par archer vert à 00:06 - Carnet de bord - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1