Dans le carquois

Le carnet de bord (Artistique, Recensioniste et Citoyen) de l'Archer Vert AKA Alain Roussel

31 mars 2006

« Nos maîtres n'ont pas entendu la voix du peuple depuis des générations, Evey...

...et elle est bien plus puissante qu'ils ne veulent s'en rappeler. »

Relu V POUR VENDETTA d'Alan Moore et David Lloyd.

v_pour_vendetta1997. Le Système contrôle la Grande-Bretagne. La Voix transmet le discours du Destin, l'ordinateur qui centralise toutes les informations du pays. Les caméras de l'Oeil surveillent les faits et gestes de la population tandis que l'Oreille écoute les conversations, permettant aux services de la Main de traquer les opposants et les asociaux. Ils ne restent plus qu'eux depuis que les noirs, les homosexuels ou les juifs ont disparu dans les camps. La culture a été combattue et les traces du passé qui n'entraient pas dans le moule ont été détruites. Dans ce monde, personne n'ose se révolter. Sauf un homme. Caché derrière un masque de théâtre, le mystérieux V va peu à peu saper les fondations du Système. Mais qui est V ? Un terroriste ? Un idéaliste ? Un bouffon ? Un artiste ? Un philosophe ? Un fou ?  Un homme cherchant la vengeance ? Ou tout simplement un symbole ?

Commencée en 1982 dans le magazine Warrior, cette série est née sous la poigne de fer de Margaret Thatcher. Son autoritarisme fait peur et Moore imagine ce que donnerait son pays sous la coupe d'une dictature. Il signe ainsi un des chef-d'oeuvre de la BD internationale. V POUR VENDETTA est avant tout la description des rouages d'un régime fasciste: la propagande, la surveillance, les restrictions des libertés, l'intolérance... C'est aussi le rappel que ce sont des hommes qui le mettent en oeuvre, des petits hommes bouffés par l'ambition, le besoin de reconnaissance, la rage ou par les regrets. Des travers qui aideront V à mettre à bas ce régime. Personnage fascinant, ce V. Interné dans un camp pour des raisons inconnues, il subit des expérimentations qui semblent le rendre fou aux yeux des médecins. Fou ou au contraire parfaitement lucide sur son environnement ? Après son évasion, il planifiera pendant quatre ans sa contre-attaque, amassant en parallèle les vestiges des temps anciens dans son Musée des Ombres. Il va également recueillir la jeune Evey qu'il va éduquer dans un but bien précis. Car V est un anarchiste et il s'est confié un rôle, celui du destructeur. Par ses actions, il va mettre à bas une société, organiser le Verwirrung, le Pays de Prends-ce-que-tu-veux, le chaos. Et Evey, devenue au fil des pages Eve, puis V, reprendra sa suite pour reconstruire un ordre nouveau, l'Ordnung, le Pays de Fait-ce-qui-te-plaît, l'anarchie. Oeuvre complexe et d'une grande richesse, V POUR VENDETTA est un superbe pamphlet politique, rehaussé des superbes dessins tout en ombres de David Lloyd. Tout simplement indispensable. 

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30 mars 2006

Ecouter SENSUAL WORLD de Kate Bush.

sensualworldBeaucoup moins accroché à cet album qu'aux précédents. Les mélodies sont souvent trop heurtées, beaucoup moins agréables à écouter qu'a l'habitude. Bien sûr, il y a quelques morceaux qui sont bons (Love and anger, Deeper understanding ou Never be mine), mais ca reste quand même largement moins bons que THE RED SHOES, par exemple.

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29 mars 2006

Vu LE GRAND CHARLES de Bernard Stora.

legrandcharlesMême si ce téléfilm en 2 parties se concentre plus sur la méconnue « traversée du désert » de De Gaulle de 1946 à 1958, il n'hésite pourtant pas à balayer les événements qui se sont déroulés avant (l'appel du 18 juin et la France Libre) et après (son retour au pouvoir, son départ en 1969 et sa mort en 1970), en insistant surtout sur des pans méconnus de l'Histoire. Ainsi apprend-t-on que dès 1940 Jean Monnet, un des pères de l'Europe, proposait d'unir indéfectiblement la France et la Grande-Bretagne pour contrer Hitler. L'accession de Pétain au pouvoir coupera l'herbe sous le pied à Churchill (David Ryall très loin de transmettre toute la grandeur du bonhomme) et Paul Reynaud (Gérard Lartigau). La mascarade de la conférence d'Anfa ou l'engueulade avec Jacques Soustelle (Pierre-Francois Dimenieud) lorsque celui rencontra Auriol en 54 permettent de dresser un portrait d'un De Gaulle (Bernard Farçy, qui se glisse dans le personnage de façon très troublante) à l'ego assez démesuré, parlant de lui à la troisième personne et croyant incarner la France à lui tout seul. La deuxième partie nous montre également un fin renard politique, manipulateur en diable, qui mystifie même ses proches pour mieux revenir au pouvoir. Mais si le film pointe ses défauts, il sait aussi lui reconnaître ses qualités: un courage, une détermination, un sens de l'honneur qui ont assurément contribués à ranger la France dans le camp des victorieux et qui ont aidé le pays à se relever de 5 ans d'Occupation et de guerre, mais aussi son amour des Lettres et son esprit. L'image du Père de la Nation n'est donc pas trop écornée. C'est sans doute pour cela que Bernard Stora, pourtant ex-soixante-huitard, s'est imposé un silence sur les années 58-69, années de pouvoir réactionnaire où De Gaulle n'a pas su -ou voulu- voir la France qui changeait. Voilà une figure qui en rappelle d'autres, beaucoup plus contemporaines celles-là, celle d'un président en fin de règne et vieillissant (12 ans, ça suffit !) et celle d'un premier ministre qui croit que la flamboyance et le panache sont une ligne de conduite.

Relu SHOCKROCKETS #1-6 pour une chronique d'Aleph la semaine prochaine (bientôt en librairie chez Delcourt). Bonne petite série d'aventures, classique, mais bien tournée. Il s'agissait de la première série du label Gorilla, label très prometteur qui avait pour particularité d'avoir des scénaristes pour moteur. Hélas, des problèmes financiers ont plombés dès le départ la sympathique aventure de Kurt Busiek, Mark Waid, Karl Kesel et Joe Kelly. La déception la plus importante était sans nul doute l'arrêt après deux numéros d'EMPIRE de Waid et Kitson. Heureusement que les deux auteurs ont pu la terminer quelques années plus tard chez DC.

Dans la série « Merde, il est mort », deux d’un coup : Stanislaw Lem et Richard Fleisher.

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28 mars 2006

Vu SHEITAN de Kim Chapiron

sheitanAttention, Objet Filmique Non Identifié. SHEITAN, c'est vraiment tout et n'importe quoi. Un grand bordel filmique informe qui brasse comédie à l'humour très, très, très spécial, film de banlieue, film fantastique et thriller noir. Au lendemain de l'avoir vu, je sais toujours pas si j'ai aimé ou pas !! D'un coté, j'apprécie tout le coté fou furieux avec les expériences de caméra, le mélange des genres, toutes les idées mises en oeuvre,etc., mais de l'autre, je déplore les trous béants du scénario et le jeu parfois approximatif des acteurs. Dans son rôle de paysan dégénéré, même Vincent Cassel n'est pas crédible au début, mais par je ne sais quel état de grâce (ou par la simple règle du plus c'est gros, plus ça passe*), il devient ensuite totalement le personnage. Pris à la scène, le film est maîtrisé. A la vision d'ensemble, c'est beaucoup moins le cas. Le gros délire ne s'accommode pas d'une structure trop lâche et il manque des pans entiers à l'intrigue. Et puis, la perception joue beaucoup. Clairement, il ne faut pas aller voir SHEITAN comme un film de trouille, mais résolument comme une comédie trasho-franchouille. A partir de là, en DVD, avec des potes, on appréciera sans doute mieux la chose.

* Oui, oui, je vous vois venir avec vos jeux de mots graveleux !!

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27 mars 2006

Lu NIGHTWING #107-117 de Devin Grayson & Phil Hester.

nightwing109Il y a une chose que l'on peut dire, c'est que ces épisodes auront semé le trouble parmi les lecteurs de cette série, y compris parmi les fans de sa scénariste, Devin Grayson. Après avoir tout perdu, Dick Grayson alias Nightwing semble avoir tourner le dos à son mentor, Batman, pour intégrer la mafia du New Jersey. En effet, après une ellipse de quelques mois, le numéro 107 nous présente un Dick parfaitement intégrer à la famille de Tommy Tevis, ponte de la mafia local. Sous le surnom de « Crutches » Grayson, il met ses capacités d'acrobate et de combattant au service du mafioso qui le considère comme un fils. Sophia Tevis, la fille du patriarche, nourrit, elle, des sentiments romantiques envers lui. Nightwing devenu un bad guy ? Shocking ! Sauf qu'on y croit à peine 10 pages à ce revirement... « Crutches » met tellement de conditions à  ces interventions (pas de flics, pas de super-héros, pas d'enfants et pas de meurtres) qu'on se demande comment un gangster comme Tevis pourrait vraiment croire à cette reconversion d'un ex-flic de Blüdhaven. Devin Grayson connaît bien son personnage, elle sait qu'elle ne peut pas l'entraîner sur des chemins trop ambigus sous peine d'être hors-sujet.* Sauf que ce suspens dégagé, elle ne nous donne pas pour autant les clés du mystère sur cette infiltration. Il faut attendre le #110 pour qu'au détour d'une scène anodine et de quelques lignes, on commence à entrevoir son plan. Nightwing cherchait en fait à savoir qui soutenait le Pingouin dans sa conquête de territoires dans Blüdhaven. Persuadé qu'il s'agissait de la mafia new yorkaise, il l'avait donc infiltrée. Mais dans ce même épisode, il apprend qu'il faisait totalement fausse route et que c'est du coté de la Société Secrète des Vilains qu'il fallait chercher. On opère alors un virage à 190°. Le sort de la famille Tevis est expédié en quelques pages (Tommy est arrêté, sa femme tuée et Sophia envoyée dans un orphelinat) et Nightwing doit maintenant faire croire à son plus mortel ennemi, Deathstroke, qu'il a changé de camp pour pouvoir infiltré la Société.  Est-ce que ce revirement était prévu ? Ou a-t-il été imposé par l'approche d'INFINITE CRISIS et du One Year Later ? Toujours est-il qu'on a quand même là du mal à suivre les circonvolutions du scénario. A partir du #112,  sous un nouveau costume censé représenter son changement de camp, Nightwing devient l'entraîneur de la fille de Deathstroke à qui il doit apprendre le métier d'assassin. Là encore, des problèmes de vraisemblance puisque Deathstroke ne cache pas sa méfiance envers l'ancien Titans et que « l'enseignement » est très soft. Et là encore, on ne nous dit pas pourquoi notre héros continue à ce point de jouer un jeu qui semble ne le mener nulle part. Jusqu'au #115 où, enfin, il dévoile son jeu à Deathstroke. Petit à petit, il a effectué un travail de sape sur sa fille qui n'est qu'à quelque pas de le trahir. Il lui met en main un marché. Soit Deathstroke maintient la Société des Vilains loin de Blüdhaven, soit il fait en sorte de retourner Ravager contre son propre père.  En quelques pages, le lecteur découvre enfin de quoi il était question. Toute cette mascarade lui a en fait permis de pouvoir organiser la paix dans Blüdhaven: la police est nettoyé de ces éléments corrompus, il maintient les super-héros hors de la ville ainsi que les super-vilains, tandis qu'il vient de mettre Sophia Tevis, qu'il peut facilement contrôler, à la tête de la Mafia locale. Mais ce nouveau statu-quo ne dure que quelques heures. En représailles, la Société lance Chemo sur la ville (INFINITE CRISIS #4) qui est en partie rasée et dont la population meurt sous les radiations. A ce titre, le #116 est un pur bijou dans lequel Nightwing brave tous les dangers pour sauver une poignée de personnes tout en s'interrogeant sur le bien-fondé de ses actes récents. Enfin, le #117 (magnifiquement dessiné par Brad Walker, il faut suivre ce mec, il a du talent à revendre**) nous dévoile le véritable ressort de toute cette saga: le désir de mort de Nightwing comme pénitence pour avoir laisser mourir Blockbuster (#93). Comme toujours chez Devin Grayson, il aura fallu attendre les épisodes de conclusion pour contempler l'ensemble du tableau qu'elle a composé par petites touches (tous les épisodes de cette période sont construits sur la structure du one-shot). Le jeu en valait la chandelle, mais il est définitivement clair qu'il faut lire Devin Grayson en bloc et pas mois après mois. Sa manière de développer les intrigues de façon très lente s'accommode mal du rythme mensuel. On conseillera donc plutôt la lecture des Trade Paperbacks.

Ca bouge dans KAAMELOT. Les sous-intrigues qui avaient affleurées jusque là prennent une dimension dramatique: Arthur apprend que Lancelot est amoureux de Guenièvre, Lancelot s'oppose ouvertement à lui, Gueniévre découvre qu'Arthur entretient une relation extra-conjugale avec la femme de Keradoc ce qui va obliger le roi à défier son chevalier dans un combat à mort, tandis que, excédée, Guenièvre décide de rejoindre Lancelot. J'aime bien comment ça évolue. Alexandre Astier    ne s'est pas contenter d'aligner les sketches, il a réussi à construire un univers cohérent qui s'autocite assez régulièrement et qui possède une vraie structure narrative. Pour avoir essayé ce genre de truc avec Zooville, je peux vous dire que ce n’est pas facile. En cela, KAAMELOT est de bien meilleure facture qu'UN GARS, UNE FILLE ou CAMERA CAFE.

Les scénaristes de STARGATE SG-1 semblent beaucoup aimer les comics. Deux références dans le même épisode de samedi soir: un personnage prénommé Kal'El (pour les béotiens, Kal-El est le véritable nom de Superman) et un nom d'entreprise fort familier, Stark International (le nom de l'entreprise d'Anthony Stark alias Iron Man).

Vu DESTINATION FINALE 3 de James Wong.

destination_finale_3Je n'avais vu ni le 1, ni le 2, mais heureusement, à partir du moment où on connaît le pitch de départ, on entre sans problème dans le film dans la mesure où ce sont des nouveaux personnages à chaque fois. Or donc, le pitch. La mort n'aime pas quand on lui échappe. Quand elle organise un massacre bien ourdi, elle aime quand tous ceux qu'elle avait prévue de dégommer soit présents à l'appel. Alors quand Wendy (Mary Elizabeth Winstead) a une vision d'un accident de grand 8 et qu'elle fait fuir quelques élèves de sa classe qui échappe donc, avec elle, au vol plané géant, la mort se fâche tout rouge et décide de combler les blancs de son registre de la façon la plus crade et la plus invraisemblable possible.

Je ne sais plus qui avait dit que, finalement, les slashers avait la même structure que les films pornos. Une vague intrigue qui sert de lien, de fil conducteur entre les séquences qui intéressent le plus le spectateur. DESTINATION FINALE 3 en est l'exemple parfait. Les séquences intermédiaires n'ont quasiment aucun intérêt. Ce qui compte, c'est de voir quel plan machiavélique la mort va ourdir pour assassiner ses proies. Et il faut avouer qu'elle a beaucoup d'imagination et qu'elle milite pour la diversité, la garce ! De la grillade au feu de lampe à UV jusqu'au ravalement de façade par pistolet à clous, il y en pour tous les goûts et le spectacle est assuré. Après, évidemment, le scénar tient sur un timbre poste, ou, en tout cas, aurait largement tenu dans un épisode d'X-FILES dont sont issu les scénaristes. Ceux-ci ont en tout cas eu une idée de génie. Fini les résurrections invraisemblables des Jason, Freddy et autre Jeepers Creepers, ainsi que leurs incroyables pouvoirs qui les faisait toujours aller plus vite que leurs victimes. Quoi de mieux comme serial-killer que la mort elle-même ?

* A la différence d'un Judd Winick qui le traite comme un vigilante aux méthodes plus contestables dans la série OUTSIDERS.

**  L'ensemble de cette storyline est d'ailleurs plutôt bien servie cotés dessins. Un mot rapide puisqu’on n’en reparlera pas par la suite. Phil Hester (accompagné de son fidèle acolyte Ande Parks) en est le dessinateur attitré. Pour peu qu'on aime son style particulier, il offre une stabilité graphique bienvenue. Néanmoins, il se fait surclassé par deux fois  (#111, 113) par Cliff Chiang qui aurait largement pu postuler au poste de dessinateur régulier. Le #116 est pour sa part illustré par deux dessinateurs inconnus, Wellington Alves et Marcos Marz. Si le premier se débrouille remarquablement avec un dessin et un encrage (d'Edde Wagner) d'une rare finesse, le second n'est qu'un barbouilleur maladroit qui a expédié les quelques pages dont il avait la charge.

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24 mars 2006

Le bougre ne recule devant rien ! Après vous avoir renvoyés à des rédactions plus compétentes, voici que l'auteur de DLC recycle. Ctrl C et Ctrl V ont donc le plaisir de vous présenter en exclusivité locale, nationale, mondiale, voire même d'ici, à quelques années-lumière, intersidérale et intergalactique (le temps que ces faignasses de photons aient atteints Proxima Centauri et ses copines) le dernier article que j'ai pondu pour le bulletin Jeune République; la feuille de chou militante à laquelle je participe. Ou comment remplir son blog avec un copier-coller. 

Caricatures et liberté d'expression 

L'affaire dite des « Caricatures de Mahomet » a au moins eu un mérite, celui de permettre un débat sur la liberté d'expression et la laïcité. On le sait depuis les affaires du voile, la religion musulmane est un défi pour la laïcité française. Il s'agit de la première religion post-loi 1905. Les religions chrétiennes et juives sont depuis longtemps présentes dans le pays et elles ont accompagnées (parfois essayant de la contrecarrer) la lente évolution des moeurs et des pratiques qui ont conduit aux lois de 1881 sur la liberté d'expression et de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La troisième grande religion monothéiste s'est, elle, imposée en France bien plus tard, l'obligeant à des adaptations et des ajustements qui reste aujourd'hui encore difficiles. Les 12 caricatures du journal danois Jyllands-Posten qui ont créés le psychodrame international de ce début d'année l'ont prouvées.

Rappelons d'abords les tenants et les aboutissants de cette affaire. Au mois de septembre 2005, une polémique se fait jour au Danemark. L'auteur d'un livre sur le Coran se plaint que beaucoup de dessinateurs aient refusé de l'illustrer de peur de représailles. Dans un pays encore marqué par l'assassinat de Théo Van Gogh, on s'interroge sur la peur de la critique de la religion musulmane. En réponse, douze dessinateurs livrent des caricatures du prophète au Jylland-Posten. L'histoire aurait pu s'arrêter là si un groupe islamique n'avait pas chargé différents imams d'effectuer une tournée des capitales arabes pour sensibiliser à la situation danoise, rajoutant au passage trois nouveaux dessins, pour le coup gravement insultant ceux-là (deux d'entre eux sont tirés d'un site Internet d'extrême droite américain). Il suffit de quelques semaines pour mettre le feu aux poudres. De nombreuses manifestations  sont organisées, conspuant l'Occident, appellant parfois aux meurtres des caricaturistes, mais surtout causant la mort de dizaines de personnes. Nombre d'observateurs se sont étonnés de voir dans des pays dirigés par des régimes dictatoriaux s'organisaient ainsi « spontanément » ce type de manifestations. En plus des extrémistes, nombres de régimes y ont vu un bon moyen de canaliser les mécontentements de leurs populations vers l'extérieur plutôt que sur leurs propres travers.

Loin, pour la plupart, de tout extrémisme et censément débarrassé des liens avec des puissances étrangères, les organisations musulmanes françaises ont pourtant elles aussi participaient à cette remise en cause du droit fondamentale à la libre expression. Le 1er février, le journal France Soir, au nom de la liberté d'expression, publie les 12 caricatures danoises, bientôt suivi par Charlie-Hebdo. L'hebdomadaire satirique fait alors l'objet de poursuites judiciaires lancées par le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) pour saisir le numéro avant sa sortie. Requête rejetée sur une erreur de forme. Mais le CFCM n'en a pas moins maintenu des poursuites contre le journal. Ils se sont pourtant heurtés à un problème d'importance. Dans un état laïque qui protége les cultes, mais n'en privilégie aucun, difficile d'invoquer le blasphème comme délit. Le racisme et la xénophobie ont alors ont été invoqués *, mais difficile pourtant de voir dans les 12 dessins plus qu'une stigmatisation de l'extrémisme à moins d'avoir l'esprit biaisé. Ce n'est donc sûrement pas dans l'intérêt des autorités musulmanes de France de se lancer dans une telle bataille. La critique, l'ironie sont sans doute un passage nécessaire à l'intégration de la religion musulmane dans la République. Ce n'est, à n'en point douter, un passage peu agréable pour les croyants, mais à vouloir faire de l'Islam une tout d'ivoire inattaquable, on contribue à faire de celui-ci un culte à part, différent, prêtant le flanc à la stigmatisation et à l'intolérance. S'intégrer, vivre avec d'autres nécessite forcément d'oublier un peu de son ego.

Et si les musulmans se sont sentis attaqués par ces dessins, est-ce que les athées ne peuvent pas, eux, se sentir offensé à l'idée qu'ils ne peuvent pas se moquer des religions ? Qu'on cherche à leur interdire d'exprimer leur croyance dans l'idiotie et le ridicule de celle-ci ? Que ça plaise ou non, dans notre République laïque, le blasphème reste une liberté. Une liberté qui n'est pas forcément acquise face à des religions peu habituées à la sécularisation, comme on vient de le voir, mais face aussi aux religions "historiques". On se souvient de cette fameuse publicité parodiant La Cène qui  fut interdite par l'action des Evêques de France. Il convient donc d'être vigilant afin  que libertés d'expression et laïcité, qui sont autant des libertés que des garde-fous, soient respectées.

* Suivi en cela par le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)

Pour la rédaction de cet article, l'auteur a consulter avec intérêt Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten sur Wikipédia.

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23 mars 2006

Toujours dans la série, "moins il en fait, mieux il se porte", l'auteur de ce blog vous envoie de nouveau vers une plume plus brillante, un esprit plus fin et un humour plus... humoristique. Enfin, bref vous allez là:  http://highlowmix.canalblog.com/archives/2006/03/08/1484979.html.  Vous m'en direz des nouvelles ! Et n'oubliez pas de revenir demain, j'aurais -peut-être- quelque chose d'intérressant à dire !!

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22 mars 2006

L'inconvénient quand on tient un blog et qu'on s'efforce (pas toujours très bien, je vous l'accorde) de le maintenir à un rythme quotidien, c'est de trouver des sujets. La plupart du temps, on y arrive. Et parfois, pas. Prenez hier par exemple. Il ne s'est rien passer d'extraordinaire. Bosser à Intermarché, bosser sur une nouvelle, manger, descendre en ville pour aller sur le Net, papoter un peu avec une copine, revenir à la maison, se poser devant la télé pour C DANS L'AIR, le JT de Canal (je vous ai dit que j'étais grave amoureux de Charlotte Legrix De La Salle ?) et ON A TOUT ESSAYE, dîner, se prendre la tête sur du Sudoku avant d'aller faire dodo. Allez faire une note de blog avec ça ! Même l'actu n'est pas d'une grande aide. Si, il y aurait bien cette loi sur l'extension de la culture OGM étudiée au Sénat alors même que la majorité des français est contre, mais ça serait revenir, encore une fois, sur le mirage démocratique que nous vivons actuellement. Alors, quoi dire ? Du coup, je reste  en admiration devant des bloggueurs qui arrivent à tirer à la ligne avec esprit et humour sur le récit d'une simple chute. Respect Mademoiselle Folie Privée !

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21 mars 2006

Vu hier soir au journal de 20 heures. Dominique De Villepin reçoit une quinzaine de jeunes pro- et anti-CPE pour amorcer le dialogue. On n'apprend qu'ensuite, il est parti en plein milieu de la réunion pour en rejoindre une autre dans un ministère. Comme si le nombre de réunion où l'on se montre avec les jeunes était plus important que ce qui pouvait y être dit. Où l'on voit une preuve de plus que la politique n'est finalement plus qu'affaire de communication.

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20 mars 2006

Après la ratée de dimanche dernier, on a pu enfin tourné un des bonus de ce chef d'oeuvre qu'est LES AVENTURES DU VER VERT: l'interview du créateur du Ver Vert. Un loser dont les maîtres à penser sont Rob Liefeld et Herb Trimpe et qui considère WATCHMEN comme une oeuvre mineure, au contraire de SPIRIT OF THE TAO !! Beaucoup d'impro, mais j'ai l'impression que le résultat est pas trop mauvais.

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