Dans le carquois

Le carnet de bord (Artistique, Recensioniste et Citoyen) de l'Archer Vert AKA Alain Roussel

07 mai 2017

-> Le coté obscur de Disney

Rogue One

Vu ROGUE ONE. A STAR WARS STORY de Gareth Edwards.

Quelques temps avant l'Episode IV. La Rebellion découvre que l'Empire a mis au point une arme particulièrement destructrice. L'un des ses concepteurs, Galen Erso (Mads Mikkelsen), travaille en sous-main depuis des années à saboter l'arme. Il envoie un pilote de cargo, Bohdi Rook (Riz Ahmed), sur Jedha où se cache Saw Gerrera (Forest Whitaker), un chef rebelle que son extremisme a mis au ban de l'Alliance, afin de l'informer de ses plans pour détruire l'Etoile de la Mort. Mise au courant, l'Alliance décide d'envoyer une mission pour renouer avec Gerrera. L'espion Cassian Endor (Diego Luna) recrute Jin Erso (Felicity Jones), la propre fille de l'ingénieur-traitre qui l'a confié à Gerrera des années plus tôt. Avec le très méfiant et cassant K-2SO (Alan Tudyk), ils partent sur Jedha où ils font la rencontre de deux étranges comparses, Chirrut Imwe (Donnie Yen) et Baze Malbus (Wen Jiang). Ils parviennent à libérer le pilote Bodhi Rook, mais assiste impuissant au premier test apocalyptique de l'Etoile de la Mort. Conscient de la menace que fait peser cette nouvelle arme sur la galaxie, le curieux équipage va devenir Rogue One et braver toutes les forces en présence pour trouver les plans de l'arme.

Beaucoup plus noir que l'Episode VII, ce nouvel opus de la reprise par Disney de la franchise lucasienne surprend par son ton résolument cynique. Jusqu'içi, les rebelles de l'Alliance étaient plutôt dépeints, à la suite des gentils Luke et Leia, comme les défenseurs valeureux de la liberté face à la terrible cruauté de l'Empire. Içi, le propos est plus nuancé. Cassian Andor, l'espion rebelle, n'hésite pas à tuer de sang froid, sur ordre de sa hierarchie ou non. A contrario, Galen Erso a certes fait partie de l'aristocratie impériale et a contribué à l'élaboration de l'arme la plus destructrice de la galaxie, mais il s'est aussi amendé et a implanté ce qui assurera sa destruction. Au milieu, Jin, se trouvant entre deux feux, a décidé de rester en dehors. Ces trois personnages sont placés sur le fil du rasoir, obligés de choisir qui ils sont et quels camps choisir. L'ambiance est donc plus sombre. Même l'humour est moins pompier et se matérialise essentiellement par les saillies pince-sans-rire, assez réussies, de K2-SO. Pour les autres personnages, malheureusement, la caractérisation est beaucoup moins poussée. Chirrut Imwe et Baze Malbus, par exemple, ne sont que des figures utilitaires, malgré leur charisme indéniable. Hormis donc la reflexion sur les choix moraux en temps de guerre, le film tombe sur les travers qu'avait esquissé l'épisode VII, des personnages un brin fades et des situations un peu trop tributaire de l'héritage de la trilogie originale puisque dans le dernier tiers du film, nous avons droit à une enième attaque d'une base de l'Empire. Bien heureusement, le jusqu'au-boutisme du scénario et une apparition magique de Darth Vader en conclusion viennent rehaussés une fin de film qui sombrait dans le déjà-vu. Bref, ce "hors-série" surprend par ses indéniables qualités, son ton moins infantile et une vision plus nihiliste du conflit. Néanmoins, il est aussi un indice de plus que, tout comme l'univers qu'elle dépeint, la franchise a un coté obcur: une certaine tendance à revenir sans cesse sur ce qui a fait son succès et à n'en garder que le decorum et le folklore. Exploiter l'univers Star Wars dans toutes ses dimensions pour éviter la redite nostalgique et stérile, voilà qui va être la dure mission de Disney. C'est possible et le film de Gareth Edwards en est une preuve concluante.

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04 mars 2017

-> Lectures disparates de reprise

Ayant récupéré MARVEL UNIVERSE #4-5 à vil prix, j'ai pu lire les débuts d'ILLUMINATI et de la nouvelle série consacrée à NOVA, deux séries auxquelles je ne me serai pas intéressé si ca avait été à prix coûtant.

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ILLUMINATI #1-5: The Hood cherche à redorer le blason des super-vilains Marvel (y a du boulot) et décide de créer une société secrète pour cela. Il recrute Titania, le Penseur Fou, la Fourmi Noire, le Boulet et l'Enchanteresse et tout ce beau monde s'emploie à braquer l'armurerie d'Asgardia. Bien entendu, rien ne se passera comme prévu.
On ne peut pas reprocher à Joshua Williamson, le scénariste, de mal faire les choses. On sent l'envie d'animer des caractères, de créer des liens entre les personnages et de faire monter la pression. Dommage qu'il soit bridé par les décisions éditoriales (cross-over et annulation au bout de sept numéros) et par le trait inadapté de Shawn Crystal, qui est plutôt inventif, mais beaucoup trop caricatural pour l'ambiance que souhaite donner Williamson. Preuve en est le passage éclair du pourtant excellent Kev Walker qui, en voulant trop se rapprocher du trait du dessinateur attitré, décoit énormement. Il est dommage que ce ne soit pas Riley Rossmo, cover artist et character designer de la série, qui ne se soit pas chargé de la partie graphique. Le titre y aurait gagné beaucoup et aurait sans doute permis à Williamson d'imposer sa série sur la longueur.

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NOVA vol.6 #1-6: Première fois que je lis des aventures de Nova avec le jeune Sam Alexander dans le rôle-titre. J'en étais resté à Richard Rider et à la série (hautement recommendable) d'Abnett et Lanning. Et la lecture de ces épisodes m'aura conforté sur l'impression extérieure que j'avais depuis que Jeph Loeb et Ed McGuiness ont introduit le jeune Sam. Marvel s'amuse ni plus ni moins à décalquer INVINCIBLE, la série de Kirkman chez Image Comics: le jeune héros en butte aux problèmes quotidiens avec sa famille, ses amis, l'école, mais aussi avec l'héritage de son père, super-guerrier de l'espace aux motivations troubles. Et ce n'est certainement pas le fait d'avoir ramener le père sur Terre qui va démentir cette idée. 
La série commence par un tableau idyllique où père et fils forme un duo soudé, ce qui permet à Sam de reprendre un peu le contrôle de sa vie. Hélas, le retour du père va vite s'avérer une imposture et laisser Sam dans l'expectative (#1-2). Même ces nouveaux amis des Vengeurs (Kamala "Ms. Marvel" Khan et Miles "Spider-Man" Morales) n'arriveront pas à le dérider à ce sujet, d'autant qu'ils tombent sur une guerre père-fils (l'Homme-Taupe contre le Monstre-Taupe) qui ne peut que troubler un peu plus l'adolescent (#3-4). Finalement, la confrontation avec l'imposteur se fera en plein milieu du gymnase de son école, avec nouveau double maléfique et extra-terrestres ridicules* à la clé. Tout cela pour une non-résolution totale, puisque l'intrigue de la disparition du père est de nouveau repoussée aux calendes grecques. Par contre, l'affaire semble avoir mis la puce à l'oreille aux camarades de classe de Sam qui se doutent maintenant fortement de sa double identité (#5-6).
Là encore, on ne peut pas dire que le scénariste Sean Ryan veuille mal faire. Il y a du rythme, de l'humour, de la caractérisation et la volonté d'insérer le titre dans la continuité Marvel. 
Le team-up avec Ms-Marvel et Spider-Man est d'ailleurs vraiment appréciable à tous ces titres. Malheureusement, Ryan veut sans doute tellement bien faire qu'il en oublie l'essentiel: les idées. Tout est tellement poncifs et déjà-vus dans cette série qu'on a l'impression d'avoir déjà lu ça mille fois. Et la partie graphique est à l'image de la partie scénaristique, tant le style de Cory Smith est fade. On a là, au contraire d'ILLUMINATI, un bel exemple de série où s'opère synergie entre textes et dessins. Tout est pro, ça, c'est indéniable, mais insipide et sans saveur. A tel point qu'on se dit que si cela avait été NOVA qui avait été annulé au bout de six numéros au lieu d'ILLUMINATI, cela aurait été moins décevant, tant les propositions de Williamson semblaient bien plus prometteuses que celles de Ryan.



* La version "Terre 616" des Chitauris, trèèèèèèèèès loin de la version ULTIMATES ou même de celles du film AVENGERS.

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06 mars 2016

-> Les loups sortent de l'ombre

Wolf Hall

WOLF HALL de Peter Kosminsky.
Adaptation de deux romans historiques d'Hilary Mantel, WOLF HALL retrace l'ascension au pouvoir de Thomas Cromwell (Mark Rylance, formidable et qui a, depuis, obtenu un Oscar pour son rôle dans LE PONT DES ESPIONS) qui, de maigres origines sociales, arrivera jusqu'à devenir le premier conseiller du roi Henry VIII (l'extraordinaire Damian Lewis, qu'on ne présente plus). La première moitié de cette mini-série en six épisodes se concentre sur la querelle qui opposa Henry au Pape, ce dernier refusant d'accorder au monarque anglais l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon (Joanne Whalley), qui ne lui a pas donné d'héritier mâle. Pris d'abord dans la déchéance de Thomas Wolsey (Jonathan Pryce), son mentor, Cromwell saura rebondir en devenant le zélé faiseur du schisme entre le Royaume d'Angleterre et la Papauté, conduisant à la Réforme anglaise. La seconde partie de la série sera consacré à la perte d'influence et à l'exécution d'Anne Boleyn (Claire Foy), la deuxième épouse d'Henry VIII, pour qui Cromwell avait un réel attachement. Il n'hésitera pas cependant à fomenter sa disgrâce, ainsi que celle de ses proches, lui permettant ainsi d'accomplir sa vengeance envers ceux qui ont conduit à la chute de Wolsey.
Largement fictionnalisé par Hilary Mantel, l'histoire de Thomas Cromwell permet en revanche au réalisateur Peter Kosminky (WARRIORS) de s'adonner à un réalisme très poussé dans sa manière de filmer. Il privilégie ainsi le tournage dans des décors authentiques, éclairés à la bougie, tels qu'ils avaient pu l'être à l'époque. L'esthétique rappelle ainsi les tableaux en clair-obscur du Caravage, ce peintre italien de la fin du XVIème siècle. Les scènes se déroulent essentiellement en intérieur, et on croise peu de figurants. Une réalisation à l'économie, mais qui installe une ambiance feutrée et rigoureuse. D'ailleurs, Kosminky imprime un rythme lent au déroulement de la série. Même si la période fut sanglante et cruelle, l'action est avant tout psychologique et politique. Elle avance au gré des joutes intellectuelles ou des silences plein de sens. Autant dire que c'est un véritable régal à jouer (et à voir jouer) pour des acteurs de la trempe de Rylance ou Lewis.
Par son image atone et sa lenteur, WOLF HALL est donc beaucoup moins accessible qu'une série comme THE TUDORS, qui évoque la même période, mais elle représente sans doute bien plus la réalité ascétique et rigoureuse de l'époque, tout autant que ses batailles intellectuelles et politiques. Cela en fait également un objet bien plus fascinant.

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03 mars 2016

-> Justice... as usual

JUSTICE LEAGUE SAGA #26-27 (Urban Comics)
JUSTICE LEAGUE #39-40: Un arc s'éteint, un autre s'éveille. A peine la menace du virus Amazo est-elle expédiée, qu'on nous annonce du gros, du lourd, du cosmique, avec Darkseid War. Pour autant, l'équipe est bien oubliée, à part, bien sûr, les figures de proue. Et d'ailleurs, même pas l'ombre d'un leaguer dans le #40. Juste un énième prélude à un énième événement cosmique, déjà soporifique.
JUSTICE LEAGUE UNITED #9-10: Le travail de Lemire sur cette série reste beaucoup plus interessant. Certes, là aussi, on a sorti la grosse artillerie cosmique, mais malgré le nombre de personnages impliqués et l'immensité de la menace, le scénariste canadien parvient à garder sa limpidité et son intérêt pour les personnages. La conclusion est un peu vite expédiée et le dessin, toujours aussi peu attrayant, mais cette série est tout de même dix fois plus sympathique que sa série-mère. En espérant qu'Urban en publiera la fin, malgré la refonte débile de ses magazines.
FLASH #39-40: Robert Venditti et Van Jensen boucle leur arc story sur les deux Flash. C'est loin d'être original, mais c'est fait avec application et honnêteté. Ca mange pas de pain et ca ferait une lecture plus qu'agréable sans les agressions rétiniennes du dessinateur Brett Booth et du coloriste Andrew Dalhouse. Ce n'est pas parce que c'est FLASH qu'il faut coller des éclairs multicolores partout sur des pages découpéesà la va-vite. Enfin, on annonce Jesus Merino à l'horizon. Ce sera surement plus classique, mais beaucoup plus lisible.
GREEN ARROW #38-39: Des idées, mais traitées de façon assez fadasses. Et le dessinateur Daniel Sampere n'arrange pas vraiment les choses. C'est lisse et sans saveur. Un peu comme un épisode d'une série CW.
JUSTICE LEAGUE DARK #38-39: J.M. DeMatteis nous refait le coup de Pralaya, la déesse du Néant, pas loin de vingt ans après ses épisodes d'X-Factor. Admirons la perséverance, à défaut de l'originalité. C'est, en tout cas, emballé avec profesionnalisme, malgré, là encore, la faiblesse du dessinateur. JL DARK ne se concluera pas en apothéose, ça s'est sûr, mais DeMatteis s'assure au moins que ça ne sera pas sous les huées.
WONDER WOMAN #39-40: Toujours une aussi agréable surprise. Meredith Finch a visiblement pas mal d'idées sur le personnage, et qui plus est, elle impulse un rythme assez particulier à ses épisodes, loin des canons habituels. Cela doit inspirer son mari qui livre des planches sympathiques. Malgré que le fait que son épouse joue autant sur ses forces (les monstres cadavériques et autres joyeusetées souterraines) que sur ses faiblesses (les nombreuses scénes de dialogues). Hâte de voir comment ca va se tenir sur la durée

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25 février 2016

-> Le meilleur, c'est quand même le paresseux

Vu ZOOTOPIE.

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Le nouveau film d'animation des studios Disney manque singulièrement de punch, malgré des décors sublimes et un pitch intéressant. La faute à un traitement trop sérieux, qui vire même au prechi-precha sur la fin. Le spectacle est là (si art book il y a, il doit être magnifique), mais manque cruellement de rythme. Même la musique de Michael Giachinno n'arrive pas à relever le tempo, c'est dire.

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05 février 2016

-> Parenthèse désenchantée

AVENGERS NOW ! #6-7 (Panini Comics)
SUPERIOR IRON MAN #7-9: Quelle deception ! De bonnes idées, mais mal mises en valeur, aussi bien scénaristiquement que graphiquement. Le dessinateur intérimaire Felipe Watanabe est même meilleur que le dessinateur attitré. Et la conlusion finale expédiée en deux pages est honteusement risible. Je crois que là, on vient d'atteindre un des summums de la politique ridicule des relaunchs perpétuels.
THOR #6-8: Drôle, épique, passionnant, intelligent... Les qualificatifs manqueraient presque pour qualifier cette série. Le run d'Aaron sur ce titre est formidable, c'est de loin ce que j'ai lu de meilleur en mainstream ces dernieres années. Dire qu'il va falloir attendre la fin de SECRET WARS pour avoir des nouvelles de Thor et de son "partenaire".
ALL-NEW CAPTAIN AMERICA #6: Rick Remender, même moins inspiré, reste d'une grande efficacité, comme le prouve cet arc en six épisodes, qui rend justice à Sam Wilson comme Captain America. Mais voilà, un arc trop long qui ne permet pas à Remender de dire tout ce qu'il avait à dire sur le personnage et qui part en laissant un peu tout en plan.
HULK #13-16: Gerry Duggan s'impose là comme un scénariste extremement agréable, puisque son "Omega Hulk" aura été une lecture plus que recommandable. Comme Aaron le fait sur THOR et comme Peter David réussissait à le faire avant lui sur la série, il sait allier à la fois gravité et humour, action et caractérisation, bref, à écrire du vrai comic-book comme je l'aime. Surtout sous le dessin clair et dynamique de Mark Bagley. Là aussi, un run malheureusement fauché comme un lapin en plein vol par des diktats éditoriaux. Encore un beau gachis.

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04 février 2016

-> Le retour de l'empereur

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ASTERIX t.36: LE PAPYRUS DE CESAR (Jean-Yves Ferri/Didier Conrad) - Les Editions Albert-René
Nouvel opus de la reprise d'Asterix par Ferri et Conrad. Je n'ai pas lu encore ASTERIX CHEZ LES PICTES, donc je ne savais pas ce que valait cette nouvelle équipe. Et bien, c'est pas mal du tout. Le trait de Didier Conrad est assez fidèle à celui d'Uderzo, tout en parvenant à faire vivre son style propre. Mais le plus important bien sur, c'est l'écriture, et il faut avouer que Ferri s'en sort avec les honneurs. S'attachant à l'esprit de Goscinny, Ferri livre une histoire actuelle, qui se moque du monde de l'édition et des médias. Il a parfois tendance à charger la barque au niveau des jeux de mots, mais on ne va quand même pas lui reprocher sa générosité. En tout cas, c'est de la belle ouvrage. Tellement mieux que ce qu'Uderzo avait pu proposer seul, qu'on ne peut que le féliciter de son départ.

 

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21 janvier 2016

-> Le nouveau Warren est arrivé ?

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TREES, t.1 : EN PLEINE OMBRE (Warren Ellis/Jason Howard), Urban Indies.

" On ne peut pas planter un bâton de cette taille sans désorganiser l'écosystème et la stabilité du secteur."

Voici le nouveau bébé de Warren Ellis. Il nous propose de nous emmener, cette fois, dans un futur proche, dominé par l'ombre des Arbres, ces immenses artefacts extra-terrestres, tombés un beau matin sur Terre et qui, depuis dix ans, n'ont jamais dévoiler leurs secrets. Mais si ceux-ci semblent immobiles, les petits êtres humains, eux, fourmillent dans leurs ombres et Ellis se fait entomologiste, observant les faits et gestes de plusieurs d'entre eux. Un candidat à la mairie de New York qui a des comptes à régler, un vieil agent secret italien qui noue une relation particulière avec une jeune manipulatrice, un jeune artiste chinois taraudé par sa sexualité, un scientifique obsédé par l'étude des Arbres, un président de pays africain, las de jouer le jeu de la diplomatie internationale et qui va se servir d'un Arbre à son avantage... Tous ces personnages vont évoluer, influencés par les Arbres d'une manière ou d'une autre, jusqu'à ce que toutes les cartes soient rebattues dans de grand accès de violences dont Ellis a le secret. Cette série renoue donc avec la veine sociologique de TRANSMETROPOLITAN qui lui va si bien. Politique, géopolitique, science, sexualité, transhumanisme, il brasse nombre de thèmes qui lui sont chers sur un mode prospectiviste. Mais si Ellis a pu parfois se reposer sur ses acquis (caractérisations répétitives, décompression/surcompression inutiles des intrigues), içi, il parvient à s'en éloigner. Rarement il aura pris autant de temps pour présenter ces personnages, et cela fait un bien fou de voir qu'il peut écrire autre chose que des archétypes cyniques, passant leur temps à cracher sur la bêtise de leurs contemporains. Ses protagonistes sont plus humains et plus enclins à partager leurs émotions. Ce qui n'empêche quelques dialogues bien sentis, qu'on se rassure. D'un point de vue graphique, c'est plutôt pas mal. Jason Howard a certes un style un peu cartoony, mais son encrage très hachuré lui permet de maintenir une ambiance sombre qui sied très bien au bouquin. Et son dynamisme éclate lors des scènes d'action, avec une inspiration manga évidente. Voilà donc une série qui démarre sous les meilleures auspices. Elle nous prouve que Warren Ellis sait éviter le piège de l'auto-caricature. Les prochaines livraisons nous diront si il est bien sur le chemin du renouvellement.

 

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11 août 2013

-> En vrac

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Onze ans après sa sortie ciné, j'ai revu pour la première fois BLADE 2. Et c'est resté le même putain de bon film que dans mon souvenir ! A la fois film d'action innovant et vrai film d'horreur, cherchant ses inspirations aussi bien du coté des comic-books que de l'animation japonaise, sachant aussi bien utiliser les vieilles ressources de l'animatronique que repousser les limites d'un numérique encore jeune, le film est à l'image de son héros: un véritable hybride. Et dans la foulée de MATRIX, il aura ainsi contribué à faire évoluer drastiquement le cinéma de genre américain !

 

 

 

 

Les petits fileurs de lin

Dans la catégorie curiosité, lu LES PETITS FILEURS DE LIN, un bouquin écrit par mon instit' de CM2 ! Bon, c'est de la littérature régionaliste, qui revient sur le Lisieux du XIXème, du temps des usines textiles et du travail des enfants. C'est bien documenté, dommage que ça ne devienne intéressant que sur la fin avec un éloge de l'instruction et du rôle de l'instit dans les conquêtes sociales.

 

 

 

 

 

Spider-man 01 cov

Lu SPIDER-MAN 01:
SUPERIOR SPIDER-MAN #1-2: L'esprit du Docteur Octopus, l'ennemi juré de Spider-Man, est maintenant dans le corps de Peter Parker et a décidé de poursuivre le combat de son éternel rival. C'est sur cette idée complètement barrée que le volume précédent s'était conclu. Avec le lancement de SUPERIOR SPIDER-MAN, Dan Slott pose les bases de son nouveau statu-quo. D'abord dans la lutte contre le crime, qu'Otto Octavius veut plus efficace, dans le premier épisode. Dans la relation entre Peter et Mary-Jane ensuite, dans le deuxième numéro. Il faut avouer que c'est assez réjouissant de voir comment quelqu'un de moins timoré que Parker peut se glisser dans la peau de Spider-Man, sans se laisser empêtrer par des considérations morales. Plus violent, plus frondeur, plus sûr de lui également, ce qui nous vaut quelques beaux moments d'auto-satisfaction, mâtinées de tirades hautaines. Néanmoins, Slott veille à ce que son "héros" ne franchisse jamais les limites de l'acceptable. Pas d'exécutions de vilains, pas de passage à l'acte avec M.J. Le Spider-Man Supérieur reste donc sympathique, d'autant que Slott a la bonne idée de ne pas éterniser la révélation que l'esprit de Peter est toujours bien présent, même si Otto n'en a pas conscience. Peter peut donc commenter l'action, offrant au lecteur un repère auquel se raccrocher. Signalons d'ailleurs que Slott se livre ainsi à un difficile exercice de style qui va l'obliger à gérer trois niveaux de dialogues: les dialogues entre les personnages, la voix-off d'Otto et les commentaires de Peter. Au vu de ces premiers épisodes, le procédé est plutôt fluide, permettant souvent une caractérisation par opposition entre les deux protagonistes. Bref, Slott ne déçoit vraiment pas et son idée, pour couillue qu'elle soit, promet des rebondissements inattendus dans la vie du Tisseur. Graphiquement, Ryan Stegman s'en sort plutôt pas mal, dans un style à la fois cartoon et très chargé.
AVENGING SPIDER-MAN #14-15: Cullen Bunn et Gabrielle Dell'Otto envoient Peter Parker (avant qu'il ne soit remplacé par Octavius) en Terre Sauvage pour y affronter des dinosaures et y faire équipe avec le duo improbable Moon Boy et le Devil Dinosaur. Un arc plutôt plaisant, fun et sans prise de tête, qui vaut pour les échanges entre Spidey et Moon Boy qui ne se comprennent absolument pas et surtout pour les superbes dessins de Dell'Otto qui délaissent la peinture pour un trait plus classique, mais tout aussi classieux.
AMAZING SPIDER-MAN #692: Là aussi tiré du passé récent où Spider-Man n'était pas encore Supérieur et où Peter était bien Peter. On y voit Parker passer une de ses régulières journée où le sort s'acharne contre lui, mais aider un jeune garçon va lui permettre de se remonter le moral. Le scénariste, Joshua Hale Fialkov, ne s'est pas trop foulé, recyclant le coup de la journée de merde qu'on a vu cent fois dans la série en y ajoutant la figure du gamin dans le besoin, devenue un classique depuis l'indépassable histoire de Stern et Frenz. Tout au plus, le dessin de Nuno Plati est plutôt agréable dans cet épisode très anecdotique.

 

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29 juillet 2013

Restons pacifiques

Vu PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro :

Pacific Rim 04

J'ai eu la chance de voir ce film deux fois, une première de façon classique, la seconde en 3D et on a rarement l'occasion de le dire, mais il FAUT voir ce film en 3D. La gestion de la profondeur de champs, des différents niveau de plan est vraiment très, très bien foutue. Pour un film qui n'a pas été pensé en 3D à la base, c'est du travail de haute volée qui a été fait.
En ce qui concerne ce film, j'ai vraiment bien aimé, à quelques réserves près.
D'abord, il est extrêmement frustrant ! En effet, les cinq premières minutes d'exposition sont tellement riches et blindées de bonnes idées qu'il y aurait eu matière à au moins deux films. Au lieu de ça, on embraye sur un film qui aligne les poncifs et les clichés avec une rigueur de métronome. Le has-been qui doit surmonter son trauma pour montrer que c'est lui le meilleur, la rookie qui doit surmonter aussi son trauma pour montrer qu'elle est à la hauteur, le rival grande gueule et égocentrique mais qui fera finalement amende honorable, le leader inflexible, mais humain, malade de surcroît (autant dire que c'est affiché "sacrifiable" sur son front), les comparses d'autres pays (caractérisés à la truelle: les Russes ont forcément une technologie rustre et les Chinois sont forcément plus nombreux) qui se font laminer la gueule... Un vrai Guide du parfait scénariste hollywoodien. Et c'est sans doute là que le bât blesse. En voulant appliquer à la lettre une des recettes de tous les conférenciers en scénarii du monde (à savoir que l'histoire que vous raconter doit être la plus importante de la vie de vos héros), Guillermo Del Toro a voulu nous faire son Crépuscule des Dieux version Mecha, sauf qu'en zappant en quelques minutes l'Age d'Or des Jaegers, on perd énormément en impact et en sentiment de fin du monde. Les personnages nous serinent tout au long du film qu'on est à deux doigts de l'Apocalypse, mais y a vraiment rien qui nous le montre réellement. Les Kaijus sortent de façon régulière de leur brèche et sont repoussés, sans qu'on assiste à une véritable invasion destructrice. Bref, difficile de voir une véritable différence entre avant et maintenant. Tout au plus, on sent bien que l'Humanité -sur un plan économique- est véritablement à genoux, comme le montre la séquence de la construction du Mur, pas banale dans une super-production de ce genre où la classe ouvrière est généralement largement oubliée.
Alors qu'est-ce qui fait que ce film est très bon malgré tout ? Sans doute, tout simplement, parce que Del Toro y croit à fond et que ça se ressent dans sa mise en scène. Oui, il filme des clichés, mais il le fait avec sérieux, en essayant de nous impliquer le plus possible. A l'image de la séquence de souvenirs de Mako, bien traumatisante. Rien n'est traité par-dessous la jambe. Même l'amourette entre les deux héros bénéficie d'idée de mise en scène à même de nous la rendre sympathique (Mako surveillant son binôme par l'oeil-de-boeuf de sa porte, par exemple). Il y a des plans iconiques à tire-larigot, le thème principal est super efficace, les acteurs sont tous très bons (mention spéciale à Idris Elba et Rinko Kikuchi), la photo est magistrale, tout est fait pour que le spectacle soit total et enthousiasmant, tout en étant lisible. C'est un rêve (cauchemar pour Mako) de gosse mis en image. Chapeau l'artiste.

Lu BATMAN SAGA #14:

Batman Saga 14

BATMAN #0: Après la conclusion relativement décevante de la saga précédente, ce numéro 0 confirme un net coup de mou de la part de Scott Snyder, qui brode vingt pages autour d'une anecdocte du passé... et qu'il termine par un cliffangher annonçant une prochaine saga !! Ca sent un brin le foutage de gueule. Par contre, la back-up par James Tynion IV qui survole les futurs Robin (et Batgirl) au moment où le Batsignal est allumé pour la première fois m'a plutôt plu. Efficace. Graphiquement, ça reste 'achement bien avec un Capullo qui assure toujours autant et un Andy Clarke que j'ai toujours plaisir à voir.
DETECTIVE COMICS ANNUAL #1: Tony Daniel, comme scénariste, ça n'aura pas été jouasse. Et il ne redorera pas son blason avec cet Annual à l'intrigue téléphoné, aux dialogues d'une rare platitude et à la conclusion confuse. Aux dessins, on a droit à deux faiseurs, Romano Moleenar et Pere Perez, dont le manque d'éclat ne dépareille pas dans le tableau.
DETECTIVE COMICS #0: Heureusement, c'est Greg Hurwitz qui écrit cet épisode, Daniel se contentant de ce qu'il sait faire le mieux: dessiner. Pas que l'intrigue en elle-même soit à tomber par terre d'originalité (c'est même un brin tirer par les cheveux), mais au moins, c'est lisible. Tynion IV signe à nouveau une back-up et là encore, il touche juste avec ce portrait d'Alfred attendant le retour de Bruce. Un mec à suivre, décidément.
BATMAN & ROBIN #0: Tomasi et Gleason livrent toujours un aussi bon travail. Leur vision de l'enfance de Damian vaut assurément le coup d'oeil. Gleason est peut-être un petit trop caricatural par moment, mais ça n'empêche, c'est quand même la meilleure série du mag.
BATGIRL #0: Décidément, j'aime bien ce que fait Gail Simone sur ce titre. C'est solide, pas con du tout, avec une très bonne caractérisation... Et même Ed Benes aux dessins semble être une bouffée d'air frais par rapport au très maladroit Yildiray Cinar. Et la fin vaut son pesant de frissons.

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